‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 188 sur 404 · Hübner, Znsc. Brit, lat., n°s · texte numérisé non relu

Hübner, Znsc. Brit, lat., n°s

2. Voir le tableau des troupes cantonnées près du Vallum Hadrianum (Volilia Dignitatum, chap. 38, dans Hübner, Znse. Brit. lat, p. 1031, CE. Anse. n° 190, 212, 218, 370,371. — Voir sur ce sujet Budin®v, der lateinischen Sprache über Italien, 1881, p. 127. ..

3. Kaibel, /nsc. Graerae, Siciliae et Ilaliae additis Graecis Galliae, Iispaniae, Brilanniae, Germaniae insc., p. 670, n° 2547, 2548, 2550 (inscript. versiliée), 292,

+. Cf. Loth, Les mots latins dans les lanques brütoniques. Schuchardt, Litteralurblatt f. germanische und romanische Philologie, 1893, p. 97. — Gaidoz, Ztschrift f. celtische Philnlogie, X, 1897, p. 35.

o. Cf. Hübner, Znsc. Brit. lat., praef., p. 3.

6. Cf. Loth, Les mots latins dans les langues brittoniques, p. 59, ct Rev. Celt., XXI, p. 91.

7. Hübner, Insc. Brit. lal. Pour l'orthographe, voir n° 66, 80, 132, 140, 896, 897; pour les formes n° 222, 229, 283; pour la syntaxe, n° 140, 1007, etc.

Die Ausbreitung

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des légions, auraient parlé un latin de plus en plus barbare, celui que nous révèlent certaines inscriptions chrétiennes !. La corruption de leur idiome eût abouti à la formation d'une langue romane, non à la renaissance du celtique; comme le remarque M. Loth}, les Anglo-Saxons auraient « emprunté en Bretagne un nombre con: sidérable de mots latins portant déjà l'empreinte romane ». Or nous n'avons aucune trace d'un roman éclos sur le sol breton; et, si l’on trouve des motslatins en anglo-saxon, leur formeindique qu'ils « ont été empruntés probablement fort tard au roman de la Gaule 3 ». |

L' usage du latin ne disparut pas complètement après sle départ des légions *. Il y eut pour cela une excellente raison : c'est que, si les agents du pouvoir impérial s'étaient retirés, si le latin n'était plus la langue des rapports officiels, il demeurait celle de l'Eglise. Il est

4. Hübner, n° 67, 82, 94, 121, 135, 144, 151. Cf. index, p. 97. M. d'Arbois de Jubainville (Rev. Celt., III, p. 269) remarque que les cas n'y sont plus distingués, à une date où, en France, on distingue encore le cas-sujet et le casrégime. Remarquons d’ailleurs que la connaissance du latin, à cette époque, a pu être encore inférieure à ce que nous révèlent les inscriptions, dont beauue reproduisaient des formules traditionnelles,

. Les mots latins, p. 18.

3 Id., p. 16. Cf. p.32. Je ne crois pas qu'on puisse rien conclure du passage de Bède, Hist. Eccl., IT, 6: « Denique omnes nationes et provincias Britanniae, quae in quatuor nn idest, Brittonum, Piclorum, Scottorumet Anglorum divinae sunt, in ditione accepit. » Bède entend ici les races et non les langues. De ce qu’il n’est pas question dans ce passage d'une population romaine, il ne s'ensuivait pas que les autres ne parlaient pas le latin. — Un passage de Gildas souvent cité n'est pas beaucoup plus décisif. Dans le De ercidio Britanniae, il dit ($ 23, éd. Mommsen, p. 38, 20) : « cyulis, nostra longis navibus ». Mommsen iid., XXIT, p. 9) et M. Zimmer (ÆKeltische Kirche, p. 222, et Nennius vindicalus, p.291) interprètent nostra = romana. M. Loth (Rev. Cell. XXI, p. 92}, remarquant que vaisseau se dit en gallois long, serait disposé à admettre que Gildas a opposé le breton (nostra) au saxon. Contre cette interprétation, nous ferons remarquer avec Mommsenque le texte de Gildas porte longis navibus. S'il avait voulu citer le terme breton, n'eût-il pas supprimé navibus? Ou faut-il supposer que ce mot ne se trouvait pas dans le texte de Gildas et qu'il aété ajouté par un copiste qui ne l'aurait pas compris? D'ailleurs, si nostra signilie romana, cela ne veut pas dire que ce soit la langue maternelle de Gildas, mais seulement celle dont il se sert dans le De excidio Britanniae. Cette dernière interprétation, à laquelle M. Loth préfère l'autre, nous parait au contraire plus acceptable. M. Loth {id., p. 71; a justement écarté un passage de Gildas :$ 32} invoqué par Mommsen et qui ne prouve rien.

4. Cf. Schuchardt, Litteraturblatt f. germ. u. roman. Philologie, 1893, p- 105.

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vraisemblable, comme l'a remarqué M. Hübner !, que le christianisme a fait pénétrer le latin dans des régions où il n'avait pas été connu. En Cambrie par exemple, en dehors des bornes, la connaissance du latin n'est attestée que par des inscriptions chrétiennes *. Nous ignorons d'ailleurs dans quelles proportions la connaissance du latin dépassa le clergé.

Bède raconte que Germain d'Auxerre, lors de sa première mission, prêcha non seulement dans les églises, mais dans les carrefours, dans les campagnes, et que, le jour, où il disputa pub'iquement contre les défenseurs de l'hérésie pélagienne, une foule énorme était accourue pour assister au débat *. Cela suppose un nombre considérable de Bretons comprenant le latin ; car il n'est pas vraisemblable que saint Germain ait parlé en breton. Il est vrai que le débat eut lieu dans la partie de la Bretagne où l'influence romaine sélait fait le plus sentir; et, d'autre part, il n'est pas impossible que les faits aient été grossis dans les documents utilisés par Bède.

Si répandue que püt être la connaissance du latin ecclésiastique dans le clergé et parmi les fidèles de la Bretagne, elle ne pouvait suppléer à l'existence d'une population avant le latin pour langue maternelle, ni surtout à celle d'une société instruite dans les lettres classiques. Ces deux conditions qui étaient réunies en Gaule, au iv° et au ve siècle, l'Église ne les rencontrait pas en Bretagne. Au temps de la domination romaine, les évêques résidaient, 1l est vrai, dans les mêmes centres que les hauts fonctionnaires de l'empire. Les trois évêques bretons qui figurèrent au concile d'Arles en 316, occupaient les sièges d'York, de Londres et de Lincoln ?.

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