Warren, Liturqgy and Rüual of the Celtic Church, D
3. Zimmer, Aeltische Kirche, p. 206. D'Arbois de Jubainville, Rev. Cell. XVI, p. 331.
4. Voir, dans Haddan and Stubbs, Councils and ecclesiastical documents, [, p. 13, quelques textes relatifs aux relations des Églises de Bretagne et de Gaule, en particulier, p. +, note, au culte de saint Martin en Bretagne.
5. Haddan and Stubbs, id.,1, p. 7. Th. Wkright (The Celt, the Roman and the Saron, p. 351) a mis en doute [a présence des évèques bretons au concile d'Arles, mais sans invoquer un seul argument sérieux.
6. Sulpice Sévère, Chron., #1, I y eut plus de trois évèques bretons au concile de Rimini, puisqu'en dehors des trois évèques qui acceptent l'indemnité impériale, 1 y en a qui la refusent {id.).
7. Zimmer, id, p. 206, d'après Conybeare. Transactions of the Society of Cymrodorion, 1897-98, p. 84-113.
Troyes, allant combattre en Bretagne le pélagianisme. Les questions qu'il soulève ont donné lieu à de multiples controverses, mais le fait lui-même est établi, et il fournit une preuve des relalions de l'Église bretonne et de l'Église gallo-romaine à cette époque.
Nous avons vu quelle était en Gaule, et en général dans l'Occident, l'attitude de l'Église vis-à-vis des études classiques à la fin du ive siècle et au début du v°. En fait, à cette époque, la plupart des grands évêques, saint Ambroise, saint Augustin, saint Paulin, saint Germain d'Auxerre et saint [Loup de Troyes eux-mêmes ont appris les lettres dans les écoles civiles. Les Pères admettent que, dans la société, telle qu elle était constituée de leur temps, les arts libéraux ne peuvent être écartés de l'éducation chrétienne, que, privés de cette discipline, les chrétiens auraient une culture inférieure à celle des païens, et seraient incapables de comprendre l'Écriture. Mais, d'autre part, le monachisme rompt avec l'éducation païenne, et rejette les auteurs profanes. Laquelle de ces deux tendances fut suivie par l'Église bretonne ? Écouta-t-elle les Pères ou les moines ?
En l'absence de tout document sur cette question, nous en sommes réduits aux conjectures touchant les tendances de l'Église bretonne à cette époque. Elle ne se trouvait pas dans les mêmes conditions que les Églises du continent ; elle ne se développait pas dans un milieu cultivé, en face d'une aristocratie dont les écoles civiles assuraient la culture; et, d'autre part, le paganisme des auteurs profanes devait lui inspirer des craintes moins sérieuses. Il en était du culte des dieux appartenant au panthéon gréco-latin, que nous révèlent les inscriptions {, comme de la langue latine. Il ne sétait guère étendu au delà des soldats et des colons étrangers. Parmi ceux-cimême, le culte de Mithra semble avoir compté autant d'adeptes que les dieux grecs et romains ?. L'Église bretonne n'avait donc pas des raisons aussi graves d'adopter ou de rejeter la culture classique. Mais il est possible, étant donnée la dépendance de l'Eglise bretonne vis-à-vis des autres, que ces circonstances particulières n'aient pas influé sur ses vues, et qu'elle ait obéi à une
1. Hübner, Insc. Brit. lat., 80 et passim. On a remarqué que l'inscription de Bath (n° 39), d'ailleurs très mutilée, semblait indiquer une organisation sacerdotale, Les noms paraissent romains.
2. Cf. Cumont, Textes et monuments figurés relatifs aux mystères de Mithra, mon. 267-273; inscr. #72, #75 et suiv. |
inspiration qui ne concordait pas exactement avec ses besoins !, Si elle put négliger le premier des motifs pour lesquels les Pères avaient accepté les lettres profanes, 1l restait le second, la nécessité d'approfondir l'Ecriture. Après ce que nous avons dit sur la part prise" par les Bretons aux controverses théologiques, il semble vraisemblable qu'ils ont été entrainés à des études, qui les mettaient en état de ne pas errer dans la lecture sacrée et de défendre leurs doctrines contre leurs adversaires.
Combien il est regrettable que, pour connaitre le degré de culture auquel atteignit l'Église bretonne entre 350 et 450, nous n'ayons pas le droit d'invoquer les noms de Pélage et de Fauste. Mais, sil est vraisemblable que Pélage fut Breton ?, nous ne pouvons aflirmer qu'il ait acquis, ailleurs que sur le continent *, cette érudition,
{. Nous ignorons quand le monachisme fut introduit en Bretagne. Mabillon (Ann. Ord. Ben., {, p. 208) pense qu'il fut établi en même temps par Patrice en Irlande et par Hiud en Bretagne. Mais ailleurs (Rép, à l'abbé de la Trappe, p. 362), il dit que Pélage s'était fait religieux dans un monastère de la Grandesrelagne Îest vraisemblable, étint données les relations de la Grande-Bretagne et de la Gaule, qu'il y eut des monastères en Bretagne dès la fin du ve siècle,
2 D'après saint Augustin, Orose, Marins Mercator, Prosper d'Aquitaine, Gennade (Textes dans Haddan and Stubbs, Councils, 1, p. 15-16; Zimmer, Pelaqius in Irland, p.18, Üsner Brit. EccL. antiqu.. p. 111...) et Bède ‘ist. Eccl., 1, 10), Pélage serait Brelon. D'après deux passages de saint Jérôme {in Jerem., prol, M, 2%, col, 682, et id, HT, col. 758), on a cru qu'il élait hlandais. M. Zimmer (Pelagius in Irland, p. 19, el Keltische Kirche, p. 211) a admis cette opinion. Les arguments qu'il a donnés ne nous ont pas paru péremptoires. Le fait que le commentaire de Pélage a été connu par les Irlandais et qu'ils ont continué à s'en servir jusqu'au 1xt siècle [en 640, le pape Jean exhorteles évéques irlandais à rejeter «le venin de lhérésie pélagienne » (Rède, Hist. Eccl., IT, 19), Au xt sivcle, à Armagh, Pélage est considéré comme un Père de l'Église (d'Arbois deJubainville. Rev. Celt., XXHI, p. 94 |, ce fait ne suppose pas nécessairement que Pélage ait été Irlandais ; il prouve seulement que lhérésie de Pélage ne fut pas completement extirpée au v* siecle, et qu'à cette époque des relations existaient entre F Église irlandaise et l'Église bretonne. M. Hugh Williams {Zft.f. celt. Philol,, AN, 1903, p. 532) a, semblet-il, fait disparaitre la contradiction qui existait entre les textes, L'Irlandais, dont parle saint Jérôme (progentes Scotlicae gentis, col. 758) désigne, pour M. Hugh Williams comme pour Usher ‘op. ei, p. 123), le compagnon de Pélage, Céleste; et, quand il représente Pélage comme alourdi, Scottorum pultibus (col. 682), c'est à l'influence de Ecleste qu'il fait allusion. Cette interprétation n'est pas seulement ingénieuse; elle est conforme aux habitudes de style de saint Jérome, ct nous croyons qu'on peut l'accepter (Cf. Haddan and Stubbs, Councils, 11, p. 290, note.
3. M. Zimmer pense que Pélage était arrivé à Rome vers 400 (Pelagius in
qui fit de lui, à Rome, l'une des lumières de l'Église !, et lui permit de se défendre en grec devant le concile de Jérusalem de #15, Quant à Fauste de Riez qui était certainement Breton, et qui avait étudié les lettres, on ne peut affirmer qu'il ait été instruit en Bretagne ?. A l'époque où il vint en Gaule, il pouvait encore recevoir Ja culture classique, sinon dans les écoles publiques ou dans les écoles religieuses, du moins auprès d’un maitre particulier.
Si Pélage et Fauste ne nous permettent pas d’apercevoir les tendances de l'Église bretonne au 1v° et au v° siècles, ils nous fournissent une preuve nouvelle de son union avec les Églises latines 5, On peut donc supposer qu’au moment où la conquête anglosaxonne, la conquête franque, les troubles de l'Italie allaient isoler l'Église bretonne de l'Occident, elle connaissait, au moins, l'usage que les Pères avaient assigné à la science profane. Par son né commerce avec les Églises romaine et gallo-romaine, elle. avait pu voir les avantages et les dangers de cette étude. Nous ne savons si elle se laissa immédiatement convaincre par la vue des uns ou des autres; mais elle avait le moyen d'étudier les lettres classiques ; livrée à elle-même, elle pourra utiliser les arts libéraux, en tenant compte et de ses besoins propres et des conditions particulières de son développement.
frland, p. 13). M. Turmel le fait venir à Rome vers 390 (Ann. de Bretagne, XVII, 1902, p. 309), aux environs de 400 (Rev. d'hist. rel., VI, 1901, p. 237). Il est plus exact de dire qu'à ce moment il commença à compter parmi les docteurs de l'Église latine.