‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 208 sur 404 · RAPPORTS DE L'ÉGLISE BRETONNE EP DE L'ÉGLISE IRLANDAISE · texte numérisé non relu

RAPPORTS DE L'ÉGLISE BRETONNE EP DE L'ÉGLISE IRLANDAISE

avons résumées plus haut, celle de La Borderieet celle de M. Zimmer. La Borderie a accepté la donnée traditionnelle 1, Les textes hagiographiques ne supposent pas simplement entre les saints des relations de bon voisinage; ils attribuent nettement aux Bretons une part dans la formation des saints irlandais du second ordre ?, soit que ceux-ci aïllent en Bretagne apprendre la discipline ecclésiastique, soit que des Bretons, voyageant en Irlande, leur transmettent ce qu'ils savent 4. Ainsi les saints David, Cadoc, Gildas auraient pris une large part au développement du monachisme irlandais, au vi® siècle, et il serait possible que, par leur intermédiaire, des Irlandais eussent connu les lettres, que, par leur exemple, ils eussent été conduits à les étudier. M.Zimmer a repoussé cette théorie : l'âge des vies de saints bretons et irlandais ?, leur caractère légendaire, les erreurs manifestes qu’on y relève, interdisent, à ses veux, de leur accorder la moindre confiance. Au vi siècle, l'Église bretonne, loin d'aider l'Église d'Irlande, avait reçu d'elle un puissant appui. En outre, l’âge et la faible culture de Gildas empêchent de voir en lui l’instituteur des Irlandais 6.

Les vies de saints sont des documents de médiocre valeur, nous le reconnaissons et nous l'avons déjà signalé; mais nous croyons qu'on peut en tirer quelques indications exactes. Dans la question qui nous occupe, leur témoignage est confirmé par un texte. Saint Columban raconte que Finnian de Clonard avait consulté Gildas 7. Cette consultation, même isolée, prouve que la tradition, qui représente Gildas comme un des docteurs de l'Église celtique au vi® siècle, n’est pas une simple conception d'hagiographe. Sur ce point, M. Zimmer s’est donc montré trop absolu. Nous croyons qu'il s'est aussi trop avancé, en affirmant qu'au vi° siècle, l'Église bretonne était incapable de donner quoi que ce soit à l'Irlande. On a le tort d'annihiler l’action de l'Eglise bretonne, du jour où les

1. Dans plusieurs de ses ouvrages, notamment dans Les monastères celtiques (Annales de Bretagne, t. IX, p. 184: Études hist. bret., 1, p. 224 et suiv.).

2. De trib. ord. SS. Hib., 2 (Acta SS. Hib. ex cod. Salm., col. 161).

3. Finnian est en rapport avec les saints David, Cathmael et Gildas (Vita Finn., 4, id., col. 191), Brendan avec Gildas (Vita Brendani, 14 (id., col. 168), Cannech avec Docc {Vita Cannechi, 4 (id., col. 362), etc.

#. Vita Colmani Lann-Ealensis, 19 (id., col. 426).

5. D'après Zimmer (Goett. gell. Anz., 1891, p. 186), les vics contenues dans le Codex Salmaticensis sont postérieures au xe siècle,

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