Epist. Mer. et Kar. aevi, 1, p
Saxons ont conquis une partie de la Bretagne. Refoulée et cantonnée dans l’ouest, elle a survécu, non seulement à l'invasion saxonne, mais encore à l'émigration de nombreux Bretons en Armorique !. Ses destinées n'ont pas été très éclatantes, parce qu'elles se sont confondues plus tard avec celle de l'Église irlandaise, et que, dans cette alliance, ou cette fusion, l'élément le plus important a prédominé. Mais dans la lutte que l'Église irlandaise soutint au vu siècle contre Rome, l'Église tone joua un rôle qui prouve au moins sa vitalité?. Pourquoi, au siècle précédent, à l'époque où la conquête saxonne était interrompue dans l’ouest, à l'époque où les grands saints bretons n'avaient pas encore quitté leur sol natal, son influence aurait-elle été annulée? De l'Église bretonne, mutilée et dépossédée de la majeurepartie de la Bretagne, nous n'apercevons que la faiblesse; nous devrions surtout retenir que cette situation a forcément augmenté le contact entre les deux Églises. Réduit en nombre et en puissance, le clergé breton reçut deses voisins un appui, qui obviait en partie aux conséquences de la conquête sanglante des Saxons et plus tard, de l'émigration bretonne en Armorique. Dans le commerce de ces rudes moines, il puisa une nouvelle sève et de nouvelles forces. Mais en retour de cette aide puissante, l'Église bretonne ne donnait-elle rien? Avait-elle oublié, dès le premier jour de la conquête, toutes|les connaissances sacrées et profanes qu'elle avait acquises au
rve siècle, dans ses relations avec les églises du continent? Et
quand elle en fut séparée, ne put-elle au contraire, à la faveur de l’accalmie qui suivit la bataille du mont Badon, coordonner tous ses moyens d'études et en faire profiter l'Église d'Irlande? Le clergé breton était, si l'on en croit Gildas 3, tombé au dernier degré de l'abjection; mais, pour transmettre la culture classique, il suflisait de quelques moines demeurés en possession des lettres, et capables de constituer un premier fonds qu’il était ensuite facile d'accroitre. Ce petit groupe de moines utilisant les lettres, les hagiographes nous le fournissent, c'est le cercle d’Iltud. Ici encore l'histoire confirme la tradition, en nous offrant l'exemple de Gildas.
Si, dans son isolement, le texte de Columban ne permet pas d'affirmer que Finnian de Clonard fut le disciple de Gildas, au moins
1. L'Église bretonne est encore vivace au vie siècle. Cf. Haddan and Stubbs, Councils, |, p. 201-204, 673-4.