‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 222 sur 404 · Vat., 1 [Stow · texte numérisé non relu

Vat., 1 [Stow

5. On y reconnait l'effort pour varier l'expression, par exemple : Vat., 19 {Stow., 14, 19) : « Caclera non explico famina stemata ne doctoreis suscilavero fastidium caxtris. » — 20 (Stow., 14, 32): « Nunc loqueralem celeri flexu retraho tramitem, ne tnyentosis rhetorum qravavero domescas. » Cf. id. Lecid., 11,25), 18 (id.,14, 6, el 21 (id, 15, 5.

LES « HISPERICA FAMINA 249

livrait à l'étude (lectoralis industria) ! et où l'on prétendait à une certaine culture. On y écrivait d'après une rhétorique spéciale, rappelant la leporia du grammairien Virgile. On y lisait l'Écriture, les Pères et l'on disposait de manuels et de vocabulaires. Peutêtre d'ailleurs ces textes ne sont-ils qu'un jeu, et leurs auteurs étaient-ils des premiers à ne pas prendre au sérieux leur langage amphigourique. Peut-être n'ont-ils pas été l’unique produit de l'activité intellectuelle, dans le pays et à l’époque où ils furent composés. À plusieurs reprises, 1l est question, dans les Hisperica Famuna, de savants ?, de rhéteurs3, dont l'appréciation est redoutée. Serait-ce qu'à côté de cette littérature bizarre, il y en ait eu, dans le même pays et dans le même temps, une autre, s'inspirant de principes et de modèles plus sains? Cette question est subordonnée à celle que nous avons maintenant à examiner. Quand et où ces textes ont-ils été composés ?

Le cardinal Mai, le premier éditeur des Hisperica Famina, ne considérant que ce texte, suppose qu'ils ont été composés par un Irlandais . Il s'appuie sur un passage où le latin (ausonica catena) est opposé au langage scot (scottigenum eulogium) 5. L'auteur aurait intitulé son œuvre Hisperica Famina au lieu d'Hibernica Famina, parce que l'Irlande est à l'ouest de l'Europe. C’est ainsi que l'Hespérie était l'Italie pour les Grecs et l'Espagne pour les Romains. D'après Mai, cette hypothèse cadrerait avec la réputation qu'avaient les Scots d'être obscurs et grandiloquents, ainsi que le déclare saint Jérôme 6. Depuis, plusieurs érudits ont admis avec lui l'origine irlandaise des Hisperica Famina 1.

M. Geyer a cru reconnaître dans les Hisperica Famina les traits

. Vat., 8 (Stow., 8, 12); 13 ‘id., 10, 37).

. Vat.,19 (Stow., 14, 20).

. Vat., 20 (Stow., 14, 33).

. Class. Auct., V, p. xuix.

. Vat., 11 (Stow., 9, 23).

. Adv. Jovin., I.

. Ozanam (La civil. chrét. chez les Francs, p. 568) se range à l'avis de Mai. M. Stowasser pense que les /Jisperica Famina ont été écrits en Irlande, Pour la date, il hésite entre le vi siècle /Z{schrift f. d. üst. Gymn., 1894, p. 72+), le vre (Wiener Studien, 1887, p. 310) et Le vin (13 Jahresbericht.…., p. 3). M. Thurneysen hésite entre l’origine bretonne {Archir f. lat. Lex., I, p. 548) et l'origine irlandaise {id., IV, p. 341; Rex. Celt., XE, p. 86).

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