Lib. Hymn., \, p
2. Epist. Mer. et Kar. aevi, 1, p. 171. On y relève aussi des hellénismes : bubum, chilosum (id., p. 58), reuma (id., p. 17#), etc.
3. On pourrait mème conclure de la présence des mots hispériques dans le Juvencus de Cambridge, Bibl. univ., Ff. #4, #2, n° 1285, qui est du ixt ou du x siècle (H. Bradschaw, ap. Zangemeister, Wien-Sitzb., 8+, p. 548, ct ap. Huemer, Juvencus, p. xxx1), que le tatin hispérique est resté connu en Bretagne beaucoup
256 LES LETTRES CLASSIQUES EN BRETAGNE ET EN IRLANDE — Il
dans sa lettre à Eahfrid !, Aldhelm veut démontrer à un Saxon épris de la science irlandaise, que l'Angleterre possède des savants et des beaux esprits capables de rivaliser avec les Scots. Sous une forme atténuée, et, avec des différences aisément explicables par le progrès de la culture, le style embarrassé de cette épitre rappelle celui des Hisperica; on y relève même un mot hispérique, dodrans *, que nous retrouvons dans un poème de la même époque :. Ainsi, à l'époque d’Aldhelm, l'Irlande n'était pas encore débarrassée de cette fausse rhétorique. On ne peut donc, a priori, prétendre que le texte même des Hisperica Famina n'ait pas été composé au vire siècle.
On le voit, si, en examinant cette question, nous ne sommes pas arrivé à des conclusions précises, pour le texte le plus important qui sollicitait notre étude, du moins nous sommes-nous affermis dans l'opinion qu’au vif siècle, l'enseignement des monastères bretons fut étroitement uni à celui des monastères irlandais. La découverte de nouveaux textes pourra nous donner tort sur certains points, nous ne croyons pas qu'elle contredise ce fait, qui est la raison même de notre insistance. Par suite, les indices, que nous en tirons sur la science du latin et du grec, nous aideront aussi bien à connaître la culture des Bretons que celle des Irlandais.
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Les lettres classiques en Bretagne et en Irlande au VITE: siècle.
Nous ne savons rien de l'enseignement des lettres dans l'Église bretonne de la Cornouaille et du Pays de Galles, au vu® siècle. Nous avons déjà dit que cette Eglise avait survécu à l'émigration. Unie à l'Église irlandaise, et se confondant avec le monachisme, nous avons des raisons de penser qu’elle n'a pas renoncé aux études
plus tard. Mais il est possible aussi que ces mots aient été copiés par le scribe en mème temps que les mots bretons.
4. Hahn (Bonifaz und Lull, p. 6, note) identifie Eahfrid avec le roi de Northumbrie Alfred ; comme il régna de 685 à 705, la lettre aurait été écrite avant 085. M. Joyce {A social history, 1, p. #14) l'identifie avec Eadfrid, évêque de Lindisfarne, mort en 721 (Monast. Anglic., E p. 229).