LA GRAMMAIRE DANS LES ÉCOLES IRLANDAISES ET BRETONNES
et il y voit annoncée la venue du Christ !, etc... On y relève aussi des allusions à d'autres auteurs, à Plaute ?, à Suétone à. Mais Adamnan avait-il connu directement ces auteurs, ou a-t-il trouvé leurs noms dans le commentateur qu'il a compilé ? Tel qu'il est, le traité est précieux pour nous. Évidemment, Adamnan faisait des extraits d'un ouvrage antérieur, et, ce qu'il en a recueilli ou ce qu'il y a ajouté ne témoigne pas toujours d'un sens bien aiguisé ; son désir de découvrir des allégories n'est pas sans causer quelque lassitude; cependant il faut reconnaître que l’emploi d'un tel ouvrage dans l’enseignement indique que l'étude de Virgile y était attentive, et, si vraiment Adamnan en fut l’auteur, on peut sétonner que lui-même ou ses contemporains ne nous aient pas laissé des vers latins de leur composition.
En dehors de saint Columban et de Cellanus, en effet, nous n'avons pas d'exemple d’un Irlandais du vi ou du vu siècle composant des vers latins prosodiques #. En faut-il conclure qu'ils n'ont pas appris la versification ? Autant qu'on peut en juger d'après certaines hymnes conservées dans l’Antiphonarium monasterii Benchoriensis *, ou dans le Liber Hymnorum 5, les Irlandais ont connu la versification latine rythmique. Ils avaient donc, semble-t-il, besoin de connaître la place de l'accent 7. Il est par suite vraisemblable qu'ils ont recueilli, dans la grammaire, la partie qui traitait de l'accent et ont été amenés à étudier, dans une certaine mesure, la quantité des syllabes. Mais nous ne voyons
. V. 15; de même, v. 24 : herba i. e. doctrina gentium.
. Ecl., I, 63 (p. ##).
. Ecl., TI, 8 (p. 51).
+. Nous écurtons en effet les Versus Scoti cujusdam de alfabeto (Baehrens Poet. lat. min., V, 375). I parait difficile de les rapporter à cette époque. Par le sujet, comme par la forme, ils semblent appartenir à la même école et à la même époque que les énigmes de Tatwin et d'Eustbe. Cf. Bücheler, Rhein, Museum, XXXVI, 1881, p. 340; Manitius, Gesch. d. lat. christ. Poesie, p. 484. Muller (Rhein. Museum, XX, 1865, p. 360) y a relevé quelques fautes de quantité et les mêmes licences que dans les poètes chrétiens.
5. Cf. Havet, Rev. Celt., XVIT, p. 8%, à propos des pièces 3, 8, 10, 14, 15, 17, 95, 129; Grœber, Grundriss d. roman Phil., 1, 1, p. 112.
6. Hymnus Brigitae, Bernard and Atkinson, Liber IHymn.,1, p. 14; Hymnus Colmani [id., p. 25). Cf. Gaidoz, Rev. Celt., V, p. %5; Hymnus Martini (id., P. #1). Cf. Gaidoz, id., p. 135, etc.
7. On n'est pas d'accord sur le principe qui régit la versification irlandaise, Cf. Zimmer, Keltische Studien, I; Thurneysen, Aer. Celt., NI. p. 336, etc.