Zimmer, Pelagius in Irland, p
5, 1d., p. 6, note.
sur l'époque de Columban et de Muirchu Maccu Machtheni. La prudence nous interdit de pousser cette étude au delà du vi® siècle ; encore n'abordera-t-on qu'avec précaution les dernières années du siècle, époque où Hadrien avait instauré en Grande- Bretagne un enseignement du grec. Nous écartons aussi certains témoignages qui sont souvent invoqués : ainsi l'emploi de caractères grecs pour écrire des mots latins, dans le livre d'Armagh !, ne prouve rien. Cette fantaisie, si familière aux scribes irlandais et anglo-saxons, au vinf et au 1x° siècle ?, peut être le fait du copiste qui écrivit le manuscrit entre 807 et 808 *. Nous négligeons encore les textes postérieurs au vu siècle. Enfin nous nous refusons à voir, dans les hellénismes que présentent les ouvrages des Irlandais du vi* siècle, une preuve qu'ils avaient appris le grec. Leur fréquence peut tromper un lecteur qui n'a jamais quitté les classiques, et lui donner l'impression qu'un Gildas, qu'un Columban, que l’auteur des ZJisperica Famina pratiquaient cette langue. Mais, il est facile de s'en rendre compte ‘, les hellénismes, employés par eux, appartiennent presque tous au vocabulaire du latin ecclésiastique ; ceux-ci mis à part, nous n'avons plus guère de raison d'attribuer soit à Gildas, soit à Columban , même une connaissance médiocre du grec.
Que nous reste-t-il, pour croire que les Irlandais et les Bretons ont su du grec, dès cette époque? Peu de choses. Il y a bien des traditions, qu'on ne peut repousser a priori : Columba, d'après un texte, aurait enseigné le grec. Saint Brendan, au dire de son biographe, ne fut pas embarrassé pour lire un missel grec que possédait Gildas *. Si le fait était avéré, il prouverait et que Brendan, el que Gildas savaient le grec. Peut-être l'hagiographe veut-il dire seulement que le missel était écrit en caractères grecs *. On com-
1. Wh. Stokes, The trip. Life, 1, p. xc. Reeves, The Life of S' Columba, p. 145, 191, CXV, Schultze, id., p. 193.
2. Par exemple, Cod. Palat., 1746, f. 102", 29 ; 104%, 3; 105, 6, etc.
3 Wh. Stokes, The trip. Life, 1, p. xc.
v. Sur les seize mots grecs que M. Schultze (op. cit., p.236) relève dans Columban, il y en a treize qui appartiennent au latin profane ou ecclésiaslique.
6. Wb. Stokes, Gaidelica?, p. 170, ap. d'Arbois de Jubainville, Rev. Celt., XVI, p. 346, note.