Après 685, d'après Hahn, Bonifaz und Lull, p. 6, note
JS. Ozanam, Cirilis. chrét. chez les Francs, p. 560; Schultze, op. eit, p. 193 : Zimmer, Pelagius in Irland, p. 7, note, etc.
272 LES LETTRES CLASSIQUES EN BRETAGNE ET EN IRLANDE — Il
en vue, un passage du De controversia paschali de Cummian !. Mais n'est-il pas vraisemblable que, dans cette question qui divisait et passionnant l'Église, un texte aussi important devait avoir été traduit *. À l’époque où écrit Cummian, les études grecques ne flonissaient pas dans l'Église anglo-saxonne ; mais l'Église romaine avait déjà introduit en Angleterre les textes nécessaires à la controverse. À l'exemple de saint Hilaire de Poitiers, de saint Jérôme, l'Église latine s'était assez largement inspirée des Pères grecs, pour transmettre la substance de leur pensée et souvent leur pensée ellemême. Le passage de Cyrille peut avoir été cité de seconde main; il ne prouve pas que Cummian l'ait traduit lui-même du grec. De même la citation de Philon, que l'on relève dans le De excidio’, ne prouve pas que Gildas ait connu directement les œuvres du philosophe. Il s’en faut, 1l est vrai, que nous avons tous les écrits de Philon, et Gildas aurait pu connaître un des traités qui sont aujourd hui perdus. Mais justement le fragment cité par Gildas semble correspondre à un passage de la Vita Mosis# que nous avons ; et ilest permis de supposer que, s'il est inexactement reproduit, c’est que Gildas avait connu Philon de seconde main. D'autres arguments seraient nécessaires pour prouver qu'à cette époque les Irlandais ont lu les textes grecs ailleurs que dans des traductions.
De ce qui précède, nous conclurons que, si, au vif et au vir® siècle, la langue grecque n'a pas été ignorée des Irlandais, ils'en faut qu'ils l’aient sue, comme les maîtres des siècles suivants. Le plus clair de leur science vient peut-être des recueils de gloses qu'ils possédaient. Pour leur attribuer des connaissances plus complètes, nous attendrons la production de textes plus convaincants.
Si nous essayons de résumer ce que nous savons de l'enseignement des lettres classiques, en Irlande ei en Bretagne, du 1v° siècle à la première moitié du vif, époque à laquelle nous nous limitons, nous arrivons aux conclusions suivantes : la culture classique a eu ses représentants dans ces deux pays, au cours de cette période; mais elle n'a pas été donnée dans tous les monastères, et, surtout, elle n'a pas eu le développement qu'elle devait atteindre
1. M. 87, col. 976. M. Joyce, À social History of ancient Irland, 1, p. #l*, s'appuie également sur Cummian pour dire que l'étude du grec était alors répandue parmi les Irlandais.
2, Ce mot Tessarescaedecadilae, que contient le texte et qui est une simple transcription du grec, ne doit pas nous faire illusion. Il est passé dans la traduction comme terme technique.