‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 246 sur 404 · Vita Mosis, [, 31. Cf. Mommsen, id., p. 6 et 36, note · texte numérisé non relu

Vita Mosis, [, 31. Cf. Mommsen, id., p. 6 et 36, note

plus tard au temps de Clément et de Scot Érigène. La connaissance du grec, en particulier, paraît y avoir été rudimentaire. Parmi les saints, les uns semblent s'être contentés d'acquérir, dans l'étude des Livres sacrés et des Pères, la connaissance du latin ecclésiastique, d’autres, comme Columban, comme Gildas, sont allés plus loin, ils ont étudié les auteurs profanes. Mais, comme le veut Adamnan !, « ils se souviennent que le royaume de Dieu repose sur Ja foi et non sur l’éloquence » ; ils se souviennent que le profit de leur instruction doit être tout entier reporté sur le pieux objet de leurs efforts. S'ils ont appris les éléments de la grammaire latine, c’est que, des trois langues sacrées, le latin était celle adoptée par l'Église d'Occident, dont l’Église irlandaise est issue: il leur fallait connaître le rudiment de cette langue étrangère. S'ils ont poussé plus loin l'étude de la grammaire, c'est qu'ils l'ont utilisée, suivant les préceptes des Pères, pour comprendre l’Écriture, devenue l'objet de leurs incessantes méditations. Ils n’ont pas dépassé cette étude. Nous ne connaissons sûrement qu’un Irlandais, saint Columban, qui, à certains moments, se soit élevé au-dessus de cette préoccupation, et ait trouvé, dans la connaissance des lettres profanes, de la poésie profane, le motif d'une distraction presque littéraire, en dépit du sujet édifiant de ses poèmes. Encore n'est-il plus en Irlande quand il les écrit.

1] nous semble qu'il y a eu là un trait caractéristique. Au point de vue religieux, les Bretons et les [rlandais ont rendu le service de purifier l'usage des lettres profanes, d'en dégager une discipline déliée de ses attaches païennes, en un mot, de réaliser pratiquement la doctrine des Pères de l'Église, dont, pour des causes diverses, l'opportunité avait, au vi* siècle, été contestée en Italie. Mais l'œuvre n’était pas achevée. L'enseignement des arts libéraux n'atteignait pas encore, en Irlande, le développement auquel il parviendra, au vie et au ix° siècle, quand l’Église romaine, revenue de ses préventions sur la culture classique, aura mis la science de Théodore et d'Hadrien au service du programme, apporté en Angleterre par les moines irlandais.

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