Bède, Hist. Eccl
8. Rède (Hist. Eccl., H, 2), saxon et orthodoxe, n'a pas un mot de pitié pour les douze cents moines de Hanyor massacrés près de Chester, et il voit, dans leur mort, le juste châtiment de cette /r oupe impie, c'est-à- dite rebelle à l’aulorité du pape. M. Duechesne à supposé avec raison que les rapports de
ni la ruine de l'Église bretonne, ni la fin de l'influence irlandaise. Celle-ci avait des points d'attache trop nombreux et trop solides pour en être ébranlée ; et, d'autre part, l'Église romaine était établie dans une région relativement trop petite pour faire triompher déjà sa domination. C'est au contraire, à partir de cette époque, que, soit directement, soit indirectement, les moines irlandais exercent l'action la plus efficace et la plus continue. Le désastre de Bangor avait, en effet, coïncidé avec la fin de la conquête saxonne ; une nouvelle ère s'ouvrait pour la Grande-Bretagne. Les chefs anglosaxons organisaient les royaumes qu'ils s'étaient constitués ; et, si la paix fut souvent troublée par leurs rivalités, du moins la victoire de l'un des compétiteurs n'eut pas, en général, pour conséquence de grands bouleversements de peuples. Quand les chefs vaincus avaient échappé à la mort, ils attendaient, dans l'exil, une occasion propice pour ressaisir le pouvoir. Dans ce cas, les monastères établis en Grande-Bretagne ou en Irlande leur offraient un refuge. À leur retour, convertis au christianisme et désireux de convertir leur peuple, ils se tournaient naturellement vers ceux qui les avaient accueillis !. Les moines qui apportaient des paroles de paix et préchaient la concorde, parurent à certains princes des auxiliaires tout désignés pour produire l'apaisement et adouar les mœurs. Il y en eut enfin qui désirèrent le baptême par un calcul intéressé, et recherchèrent l'appui d’un dieu, qui pouvait les favoriser sur le champ de bataille ?. Grâce à ces circonstances, les moines irlandais exercèrent, dans plusieurs des états anglosaxons, une influence considérable.
En rentrant dans son royaume de Northumbrie, après un long séjour au milieu des Scots 5, le roi Oswald demanda aux moines d’Iona de lui envoyer un évêque (635) ‘. Ceux-ci désignèrent Aidan (+ 651) pour remplir cette mission, que la grossièreté des Angles rendait difficile et rebutante. Il s'en acquitta avec un zèle qui l'excuse, aux yeux de Bède, de n'avoir pas célébré Pâques à la date fixée par l'Eglise de Rome. Avec l'aide du roi, qui lui servit d'interprète, il fit d'innombrables conversions; il construisit des églises
l'Église romaine avec les conquérants n'avaient pas contribué à rapprocher les Bretons de Rome (liev. Celt., V, p. 140).