Id., 1V
#. TI, 18. I est impossible de déterminer exactement la date de ce fait, Comme celles du rèune et de la mort de Sigebert. Cf, Plummer, Baedae oper, hist, IL, p. 168 ct suiv,
Vase
ed |
mot lettres est bien vague, et il n'est déterminé n1 par la nature de l'enseignement dans le Kent, que nous ne connaissons pas, n1 par la valeur de celui qu'on pouvait alors donner en Gaule !. Si, dans son école, Sigebert établit l'enseignement des lettres, en vue de la lecture sacrée, nous croyons que ce fut sous l'influence des Irlandais plutôt qu'à l'imitation de l'Église franque. Sigebert est en relation ? avec saint F ursy qui, revenu d'Irlande vers 633 3, fonde le monastère de Cnobheresburg. Mais, en réalité, nous ne pouvons affirmer que l'école de Sigebert ait été autre chose qu un séminaire. L'évêque Félix y forma les prêtres dont il avait besoin pour l'œuvre de prédication qui l'avait attiré dans l'Est-Anglie 4, A la faveur de la paix, et, avec le progrès de la vie monastique, cette école se fût sans doute développée, et la lecture sacrée y eût mené à l'étude des arts libéraux. Mais l'Est-Anglie allait traverser une crise peu favorable à l'enseignement. Sigebert, monté sur le trône en 630 ou 631, se retira dans un monastère vers 634; il en sortit, pour périr dans un combat contre le roi de Mercie, Penda, vers 637 5. Il est évident que la victoire d'un prince, défenseur obstiné du paganisme, et sa domination sur l'Est-Anglie eurent de funestes conséquences pour l'école de Sigebert. Un fait, cité par Bède 6, montre, à défaut d'autres documents, le ralentissement qui se produisit dans la vie monastique, au pays de Kent. Vers 640, le roi de ce pays envoyait sa fille en Gaule au monastère de Brie. S'il en était ainsi dans le Kent, demeuré un des foyers du christianisme, que devait-il se passer dans l'Est-Anglie sous la domination de Penda?
Celui-ci fut vaincu par Oswi, roi de Northumbrie : le triomphe de ce prince permit à l'église irlandaise de reprendre Ja tâche interrompue. Sous l'impulsion des évêques Finan, Ceadda, Cuthbert, Colman, de l'abbesse Hilda, le christianisme se répandit. et de nom-
1. Smith (Appendice XIV à son édition de Bède, reproduit dans Migne, t. 95, col. 335) caractérise l'enseignement donné dans l'école de Sigebert, à la suite d'une argumentation, où interviennent les témoignages de saint Jérôme, Antonin le Pieux, Tacite. Pline, Eumène, Odilon de Cluny, Symmaque, Ausone, Charlemagne, Louis le Pieux, etc... Il conclut sans peine — et sans rire — qu'elle reproduisait les grandes écoles romaines, et établit ainsi l'ancienneté de l'Université de Cambridge, évidemment issue de l'École de Sigebert.
+ Vita Furs., 7 (Krusch, Script. rer. Merov., IV, p. 437. Cf. Acta SS. Hib. ex . Salm., col. 98).
Bède, Iist. Eccl., II, 19.
. Id., II, 45.
Bibl. Hagiogr.
co
PE w À à
. Îd., XI, 8: « Nam eo tempore necdum multis in regione Anglorum monasteruis Constructis... »