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ceux qui montrèrent le plus de dévouement à l'Église romaine qui Jouirent de la plus grande autorité : témoin Wilfrid d’York, le vainqueur de Whitby, qui fut, à plusieurs reprises, dépossédé de son évêché. Le clergé formé à l'école des Irlandais exerce, longtemps encore après sa soumission, une action prépondérante.
L'influence de l'Irlande ne s'exerçait pas seulement par l'intermédiaire des moines scots, établis en Grande-Bretagne, ou des Anglo-Saxons instruits par eux. L'/le des Saints continuait à attirer les pèlerins, avides de puiser à la source de la perfeckion chrétienne. Les exemples de saint Egbert!, de saint Willibrqd?, allant compléter, en Irlande, une éducation religieuse commencée en Angleterre ne sont pas isolés. L'Irlande conservera son prestige et demeurera la terre sainte de l'éducation monastique, même quand l'enseignement sera organisé en Grande-Bretagne : Aldhelm le constatera bientôt avec amertume 3.
Il avait fallu près de trente ans pour que le triomphe de Rome fût efficace, et pour que son Église absorbât celle des Irlandais. Mais, quand ce moment fut arrivé, quand la direction des âmes fut reprise, dans tous Îles États anglo-saxons, par les successeurs d'Augustin de Canterbury, les missionnaires irlandais avaient accompli leur œuvre, en ce qui concernait la lecture sacrée. Dès leur arrivée, s'adressant aux princes, aux chefs, ils avaient joint l'enseignement à la prédication. Au temps des luttes les plus pénibles, les disciples de Columba n'avaient cessé de prescrire, au même rang que la prière, la lecture des livres saints. Cette insistance est la garantie que les Anglo-Saxons, formés par eux, furent conduits à étudier les lettres, comme les moines de l'Irlande. Que le pays vienne à jouir d'une paix durable, ou tout au moins que sa conversion soit assez solide pour ne pas être continuellement remise en question, que, les monastères prospérant en dehors des querelles, leurs habitants puissent méditer à loisir; et le souci de comprendre mieux les amènera à utiliser les textes, contenant le dépôt de la science. Insensiblement leur méditation deviendra plus curieuse. Ils visaient d'abord à la simple intelligence du vocabulaire ; ils feront une étude plus approfondie de la grammaire, ils chercheront à s'expliquer les symboles. Puis, la terrible question de la date de
4, Mab., Acta SS., I, p. 490.
2, Vita, par Alcuin, 1, 4 (M. 101, col. 696), et De SS. Eub. Eccl., v. 108 Poet. lat. car., T,p. 192). De même Wigbert (Alcuin, Vita Will, id., et Bède, Hist. Eccl., V, 10), Hewald (id.).