‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 257 sur 404 · THÉODORE ET HADRIEN · texte numérisé non relu

THÉODORE ET HADRIEN

trédes lettres sacrées, connaissait les disciplines monastiques et ecclésiastiques, savait admirablement le grec et le latin. » Théodore, né à Tarse, en Cilicie, possédait à la fois la science séculière et la science sacrée, savait le latin et le grec!. Il avait étudié à Athènes, avant de venir à Rome où il fut ordonné ?.

Dès leur arrivée (669-670), ils travaillèrent à la complète organisation de l'Église d'Angleterre ; les réformes qu'ils accomplirent sont en dehors de notre sujet. Signalons seulement, dans leur œuvre, ce qui a trait à l’enseignement :

« Comme ils étaient tous deux parfaitement instruits à la fois dans les lettres sacrées et les lettres profanes, dit Bèdeï, ils réunirent une troupe de disciples, et arrosèrent, chaque jour, leurs cœurs des flots d'une science salutaire, si bien qu'ils donnaient à leurs auditeurs même les règles de la métrique, de l'astronomie et de l'arithmétique ecclésiastique avec les ouvrages des saints évêques. La preuve en est qu'aujourd'hui encore, on trouve de leurs disciples qui savent le latin et le grec comme leur langue maternelle... Tous ceux qui désiraient étudier les lectures sacrées avaient à leur disposition des maîtres pour les instruire.. » C'est sans doute dans le monastère de Saint-Pierre, édifié à Canterbury, qu'était réunie la troupe de disciples dont il est ici question. Nous aurions souhaité un texte encore plus explicite, des détails sur les écoles et sur les maitres, mais il est facile de le compléter, avec les seules données qu'il nous offre. L'étude du latin et du grec, poussée assez loin par les disciples, pour que ces deux langues leur deviennent familières, suppose l'enseignement de la grammaire, et l'étude de la métrique implique la lecture des poètes. En outre, l'archevêque Théodore répandit dans toute l'Angleterre le chant grégorien, dont

1. Bède, Hist. Eccl., IV, 1. Cf. Vita SS. Abb., T (M. 94, col. 715). Le pape Agathon l'appelle (Mansi, Concil., XI, p. 294) « magnae insulae Britanniae archiepiscopum et philosophum ». Montalembert qui cite ce passage (Les moines d'Occident, IV, p. 210), donnant au mot philosophus un sens qu'il n'a pas, appelle Théodore ce philosophe mitré. Le contexte est instructif. Agathon veut dire seulement qu'il regrette l'absence de Théodore qui, ayant une éducation grecque, aurait pu l'aider dans les négociations avec la cour de Constantinople. Montalembert (id., p. 223) et, après lui, M. Morin (Rer. Bénéd., VIII, 48914, p. #82), ont recueilli la tradition suspecte qui représente Théodore ne voyageant jamais sans porter sur lui un Ilomère.

2. Cf. lettre du pape Zacharie à Boniface, 80 (Epist. Mer. ‘et Kar. aevi., | p. 357).

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