Bède, Hist. Eccl., IV
l'usage était alors limité au Kent!, et, nous le verrons, en devenant méthodique, cette étude nintéresse plus seulement la mémore, mais aussi la grammaire. Dans ce programme, le Quadrivium est représenté par l'astronomie et l'arithmétique, restreinte, il est vrai, aux calculs purement ecclésiastiques. Tel est le programme d'étude; il se peut qu'il donne une idée incomplète de la réalité, et que l’enseignement donné à Canterbury ait été beaucoup plus étendu qu'il ne nous l'indique. Les conjectures sont inutiles. Avec Aldhelm, Boniface, Bède, Alcuin, pour ne citer que les principaux, nous allons rencontrer mieux que des programmes, nous aurons à la fois le tableau d'un enseignement et la vue de ses résultats.
Nous avons enfin rencontré un terrain solide. Désormais nous n'aurons plus besoin d'accumuler hypothèse sur hypothèse. Pour connaitre l’enseignement des lettres classiques chez les Anglo- Saxons, nous n’aurons qu'à parcourir les traités techniques quils nousont laissés, et, pour découvrir jusqu à quel point ils ont été pénétrés par la culture antique, nous serons aidés par leurs propres ouvrages. Pour plus de clarté, nous avons divisé cette étude en deux parties. Dans l'une, nous passerons en revue les hommes qui ont joué le principal rôle dans ce mouvement, Benoît Biscop, Aldhelm, Bède, Boniface, etc. Nous conduirons cette étude jusqu'à Alcuin, non que nous voulions aborder l'histoire de la renaissance carolingienne. mais, parce que les ouvrages techniques, composés par Alcuin, ont été en partie inspirés par l'enseignement des écoles anglo-saxonneset marquent le terme de l'effort tenté en Grande-Bretagne. Le laisser en dehors serait être volontairement incomplet. Dans une seconde partie, nous condenserons ce que nous savons sur les arts hibéraux ou plutôt sur le Trivium, tel que les Anglo-Saxons l'ont compris, et nous essalerons de montrer comment ils avaient conçu l'enseignement de la Grammaire, de la Versification, de la Rhétorique et de la Dialectique, et quelles transformations, quelles réductions ils ont fait subir à chacune des disciplines héritées des écoles romaines.
Aldhelm.
Au premier rang des Anglo-Saxons qui ont travaillé à développer