Bède, Fifa SS, Abb., L(M. 9+, col
3. Cf. Mabillon, Réflerions sur la réponse au Traité des études monasliques. Sur la date de fondation du monastère de Jarrow, voir plus haut, p. 194, note +#.
+, Vita SS. ADb., LM. 9%, col. 521, avait visité Luxeuil, Mais à cette époque la règle de saint Benoît v était observée. Cf. Malnorv, Quid Luxorienses monachi discipuli S. Columbanti ad requlam monasteriorum contulerint, De :20 D'après Mabillon, Ann. Ord. Ben., 1, p. 663, la règle de saint Benoit aurait été établie dans toute sa pureté à Wearmouth et à Jarrow. Voir les justes objections de Liogward, Antiquités de l'Église anglo-sa.ronne, p. 136, note. La lettre d'Alcuin aux moines de Jarrow Epist. Kar. aert, H, p. 54 invoquée par Mabillon éd. n'est pas décisive. Alcuin exhorte les moines à observer la vie régulière, telle que l'avaient instituée Benoît Riscop et Ceofrild, ECquand, dans la même lettre, il dit: « Saepiusque regula saneti patris Benedieti legalur », il est possible qu'il parle de Benoit Biscop, sanelissümi patris id,
L'Enseiynement des lettres classiques. 19
espèce !. C'est grâce à lui, sans doute, que les moines de Jarrow. que Bède en particulier, trouva de quoi satisfaire son immense érudition. Nous devions signaler tout d'abord ce collaborateur actif de Théodore et d'Hadrien.
Nous arrivons au premier Saxon, dont le nom compte à la fois dans l'histoire de l'enseignement et dans celle des lettres latines, en Angleterre, à Aldhelm. Aldhelm sollicite notre analyse plus encore peut-être que Bède, qui, pourtant, lui est infiniment supérieur. Il a, sur l'historien, l'avantage purement matériel de la prionté: mais, par là mème, il a celui de représenter une époque décisive: dans la personne d'Aldhelm se fondent les deux influences des Irlandais et des maitres, qui ont mis ce qu'ils avaient recueilli de la culture antique au service de l'Eglise romaine ?. De plus, par son exemple, il nous montre, avec l’ingénuité des premiers ouvriers d'une renaissance, les effets produits par la culture classique sur des hommes à la fois étonnés et charmés de la recevoir. On aperçoit mieux le caractère même de l'époque dans ce témoin, parfois naïf, superficiel, peu mesuré, que chez l'écrivain plus profondément cultivé qu'est Bède le Vénérable, C'est pourquoi nous étudierons son œuvre et son rôle avec quelques détails.
Aldhelm, neveu du roi Ini, naquit dans le Wessex, vers le milieu du vu” siècle *. Il eut pour premier maître le Scot Maeldubh, dont les textes ont fait Maildulf *, et c'est seulement ensuite qu'il fut l'élève d'Hadrien *. Aldhelm, il est vrai, au début d'une épitre, appelle celui-ci « le précepteur de son enfance ignorante ‘»; mais nous avons plusieurs raisons de penser qu'il ne faut pas prendre à la lettre ce témoignage de gratitude. Tout d'abord on ne
1. Vita SS. Abb., 1 M. 9%, col, 7171, Cf. id., col. 724. Cf., sur ce texte, Batiffol, List. du bréviaire romain, p. 60
2, Cf. Hahn, Bontfazs und Lull, p. 7.
3. Cf. Ebert, EE, p. 656. En 639 d'après Gilles, Préf. de son édition d'Al dhelm, p.xuis en 65 d'après Bôünhotff, AMldhelm +. Malmesbury, p. #15 tn 656 d'aprés Wright, Brogr. Brit. lit. Anglo-Saron period, p. 209.
4. Cf. Healy. /nsula Sanctorum3, p.469, note; Bonhoff, Aldhelm v. Malmesbury, p. +3.
5. Cf. Hahn, op. eil., p. 8. — Je laisse de côté l'assertion de Faricius, abbé d'Abinydon en 1070. I raconte, dans sa biographie d'Aldhelm :M. 89, col. 66. que son père avait fait venir d'Athènes deux Grecs, qui avaient instruit le futur évèque de Malmesburv. En dehors de toute référence, nous ne pouvons qui signaler cette aflirmation d'un panégvriste suspect par son enthousiasme. Peuletre les deux Grecs sont-ils simplement Théodore et Hadrien.