De laud Virg., praef., v. 1 (col
2. M. col. 96, Epist. Mer. el Kar., 1, p. 236. 3. On s'est rendu compte, au moven äge, de lutilité que le vers latin pré-
sente, à ce point de vue. La glose Admirantes Orléans, M, 252, 1. 12, 2), citée par Fhurot, Voices et extraits des Ms. latins, &. XXI, 2° partie, page #17, indique, au nombre des avantages du vers Falin, qu'il force à la brièveté « Nam sermo melricus nichil diminutum, nichil in se continet superfluum ». — Cf. Boissier, Rev, de philologte, VAS IRS2, p. 25.
4. Nous avons examiné de près les cent premiers vers de la dernière partie du De laudibus virqinum, publié à part sous le üilre de De octo prineipalibus vitiis (M. col. 281). Nous v relevons, comme mots ou dérivés grecs: +, 14, salpinæ ; 50, plasmaverals 55 ealaclysmunms 2, dapsiis, empruntés pi Mdhelin à d'autres auteurs; — comine mots insolites où mal emplovés : v. 38 et 5, flustra, orum, flots calmes {Feslus}, honace, qu'ilemploie comme svnonymes de fluctus: v. 39, polestur, el NT, minqgentem, deux formes archaïques qu'il a empruntées aux grammairiens; v. ON, aethralis, une forme qu'il aime (CF. plus haut, p. 296, n.); v. 59, pastinat, qu'il prend à contresens:v, 53, ambro CT, Du Cangei,
c'est là ce qui nous révèle ce que nous avions vainement cherché dans sa prose, l'influence de l'éducation classique. La présence de vers latins dans son œuvre importe beaucoup plus que leur qualité!
Il est des degrés dans l'imitation antique. Aldhelm appartient à un âge ingrat pour l'histoire des lettres, celui où la curiosité renaît, après une période d'ignorance. D'abord on s'attache aux faits. Poètes et grammairiens concourent indistinctement à reconstituer le matériel encyclopédique. Puis ils s'essayent à retrouver les secrets d'une forme, d'un art, avec combien de gaucherie ou d'intempérance. L'ignorance générale enveloppe toute connaissance d'une teinte mystérieuse, et les savants semblent des initiés. Le droit s'appelle « les secrets des Jurisconsultes ? » et la métrique présente « une obscurité inextricable # ». Etudier les lettres, c'est s'engager dans « les arcanes des arts libéraux # protégés par les secrets opaques des mystères ». Vivant dans cette atmosphère, Aldhelm eut pourtant des visées plus hautes; il ne se contenta pas de rechercher le sens des choses dans le trésor antique, il eut la prétention d'être un écrivain, nous dirions aujourd'hui un homme de lettres.
En cela, il faut le remarquer, Aldhelm dépassa l'objet qu'il attribuait aux études classiques et les limites qu'il leur traçait. Dans une lettre à Aethilwald, il s'est expliqué sur ce sujet avec une netteté qui ne lui est pas habituelle : « Surtout, écrit-1l, applique-toi sans cesse aux lectures divines et aux oraisons sacrées. Si, en outre, tu veux connaitre quelque partie des lettres séculières, fais-le seulement dans le but suivant: puisque tout ou presque tout l'enchainement des mots repose entièrement sur la grammaire, tu comprendras d'autant plus facilement, à la lecture, les sens les plus profonds et les plus sacrés de ce même langage divin, que tu auras mieux appris les règles les plus différentes de l'art qui forme sa trame *.» Donc, si Aldhelm étudia et s'il conseilla d'étudier les lettres. ce fut. suivant le principe admis par l'Église, pour mieux comprendre l'Écri-
1. De sept. (M. col. 236). Veut-il dire dans ce passage qu'il fut le premier poète ou le premier technicien qui ait traité du vers latin ?
2, Epist. HeddaeiM. col. %5, Æpist. Mer. el Kar. aevi, 1, p. 236): « jurisconsullorum secreéta. »
3. Id. : « Cujus rei studiosis lectoribus tanto inextricabilior obscuritas praetenditur, quanto rarior doctorum numerosilas reperitur, »
4. Epist. Aethihcaldi Aldhelmo (M. col. 97, Epist. Mer. el Kar. aeti, I, p. 238): « arcana liberalium lilterarum studia, opacis duntaxat mysteriorum secrelis. »