ET D
devront calculer le temps pour Ia célébration des fêtes, et Bède leur expose le comput. Puis, il commente un passage de l'Écriture, il explique la signification des mots, interprète les allégories. Il lui faut entrer dans le détail, car l'erreur est dangereuse ; un terme mal compris, c'est la pensée de Dieu faussée, c'est le germe d'une hérésie, Il s'aide du grec ! et de l’hébreu ? dont il a tout au moins des notions, et, demeuré seul, il rouvre les saints livres, il reprend un texte cent fois médité, et, s'éclairant de toutes les sciences quil a scrutées, il s'efforce d'en faire jaillir un sens plus profond, plus rap proché de la pensée divine qui l'a inspiré. !l prolonge ses veilles, il litles vieux auteurs, 1l y cherche l'explication des phénomènes de la nature, la suite des faits; il en extrait la matière de ses traités De natura, De temporibus, De temporum ralione, De ratione computi, etc. C'est qu'il n'a pas à instruire que les six cents moines de Jarrow. De tous côtés, on fait appel à son érudition. Quand faut-il célébrer la fête de Pâques *? Comment expliquer le tonnerre 4? On lui demande d'interpréter tel ou tel livre de l'Écriture, et il compose un volumineux commentaire, de raconter les origines ecclésiastiques de l'Angleterre, et il écrit cette histoire précieuse, prouvant un sens critique qui nous étonne. De son monastère, 1l jette les yeux sur le dehors, ainsi qu'en témoigne une lettre adressée à Egbert, où 1l dépeint la situation religieuse des campagnes, et indique à l'évêque le moyen de l'améliorer”. C'est un labeur incessant que la mort seule arrête. Malade, mourant, il continue à donner aux moines des leçons quotidiennes, employant ce qui lui restait de temps à chanter des psaumes. Les derniers jours, il dicte Ja traduction anglaise de l'Evangile de saint Jean, et des extraits du Liber notarum d'Isidore de Séville. Sa respiration devient haletante, ses jambes sont enflées. 11 n'en continue pas moins à enseigner et à dicter gaiement, mais il presse ses disciples : « Hâtez-vous d'apprendre, dit-il, je ne sais combien de
1. Cf. Hexaemeron, I (M. 9, col. 78, 88, 90): Comm. in Pentat. (Genesis! À (M. 91, col. 216; id. :Erodus}, 16 (col 315); Expos. in Matth., 1, # (M. ®, col. 20); Esrpos.in Mare, 1, 2 (M. 92, col. 1491, etc.
2, Cf. Heraemeron, LM. 91, col. 52), I col, 65: ; Comm. in Pentat, (Genesis), + (M. O1, col 216: rd. Erodusi, 10 col. 315), 28-31 (col. 326) Expos. in Mare. IV, 1#:M. 92, col. 266, etc.