‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 277 sur 404 · M. 91, col · texte numérisé non relu

M. 91, col

5. I, 2 (id., col. 611). I cite encore Virgile, 1n libr. reg., 1, 10 (M. 94, col. 721): #:M.91, col. 345), etc. :

6. Ovide, FIM. 91, col. 29): « juxta quod quidam poetarum pulcherrime ac verissime dixit », Erpos. in Marc., 1, 4 (M. 92, col. 169). Pline, Hez.. I

des habitudes de langue qui correspondent à une réelle culture. Bède possède, avant tout, le grand mérite d'être clair ; il manie sans embarras les grandes phrases, et l'on découvre un certain art dans leur construction. À vrai dire, — nous le verrons en détail, en étudiant plus loin son De orthographia, — il ne réagit pas contre les habitudes des auteurs chrétiens, et 1l ne cherche pas ses modèles dans une période déterminée. Il considère le latin comme une langue vivante, et il ne conçoit pas l'idée d'un usage classique, au nom duquel on proscrirait l'imitation d'écrivains comme Forlunat ou saint Augustin. Dans son vocabulaire ! et dans sa syntaxe, on'relève aisément des mots et des tournures qu'avec d'autres principes il aurait évités ; mais, si on le compare avec Aldhelm, on reconnait qu'il évite d'accumuler, comme lui, les mots grecs, les composés et surtout les prétendus synonymes. En outre, on ne trouve chez lui aucune trace du style des Hisperica Famina.

Comme les Irlandais, comme Cassiodore, comme Isidore de Séville, Bède a demandé aux lettres profanes de l'aider à comprendre l'Écriture : cette idée domine ses études: quand il apprend à ses disciples une des sciences enseignées autrefois dans les écoles romaines, il s'efforce de l'adapter au besoin précis auquel il la destine. Comme les Irlandais. comme Cassiodore, comme Isidore de Séville, Bède transmet donc une antiquité mutilée. Mais, ainsi que nous l'avons constaté pour Aldhelm, l'antiquité lui a donné plus qu'il ne lui demandait. Ses contemporains ont été principalement frappés par son savoir encyclopédique. Plus encore que son érudition ?, nous admirons le degré de culture auquel il est parvenu. Bède a vraiment subi l'influence des anciens; dans leur commerce il a acquis quelques-unes des qualités les plus précieuses de l'esprit antique. Il leur doit cette mesure, cette netteté de style, si rares chez ses contemporains et si douces après l'incohérence d'Aldhelm.

Bède ne fut donc pas seulementun maitre, enseignant à d'autres ce qu'il avait appris la veille, et s'amusant à des récréations de scholar; il fut vraiment un savant, dans les limites que permettaient les conditions particulières où il vécut. IL a fixé la matière de l'enseignement dans le sens désormais traditionnel. Et d'autre part, passant de la théorie à la pratique, il a montré, dans ses travaux d'exégèse, ce qu'un esprit, plié à la discipline des arts libéraux,

1. CF. WôlMin, Archiv f. lat. Ler., HI, p. 132, 263, 500. 2. Voir, pour ses travaux relatifs à la cosmographic et à la chronologie, Werner, Beda, p. 107.

découvrait dans le texte de l'Écriture : dans ses traités d'astronomie, comment il fallait recourir à la science antique pour déterminer le temps et fixer le calendrier; dans ses travaux historiques, comment on devait utiliser les documents et exposer les faitsavec netteté. Enfin, en écrivant des poèmes, il a montré que l'éducation religieuse n'interdisait pas un exercice auquel s'étaient livrés les chrétiens les plus austères, comme Paulin de Noles !. En l'étudiant dans son milieu, on comprend l'enthousiasme qu'il inspirait à ses contemporains et les actions de grâce qu'au dire d'un abbé de Jarrow, tout le peuple anglais adressait à Dieu, pour lui avoir donné un

homme si accompli 2,

Boniface.

Tandis que Bède le Vénérable consacrait une longue existence, passée tout entière dans le même cloître, à enseigner à ses disciples les lettres humaines et divines, un de ses compatriotes, instruit, lui aussi, dans les lettres classiques, Winfrid, abandonnait de bonne heure la vie calme du monastère, pour se consacrer à l'évangélisation de la Germanie. Mais auparavant il avait enseigné, et, à ce

titre, 1l doit retenir notre attention.

Winfrid, qui, dans la suite, prit le nom de Boniface, naquit dans le royaume de Wessex, vers 680. A l'âge de sept ans, il entra à l'abbaye d'Exeter, d'où il passa dans celle de Nursling. Sous la direction de Winbrecht, il apprit la grammaire et la métrique ?. Puis il se hivra aux études sacrées ‘ et étudia les quatre sens de l'Écriture?. Il

{. Alcuin résumait ainsi son œuvre (De SS. Euh, Eccl., v. 1305, Poel. lat.

car., 1, p. 198): | Plurima quapropter pracclarus opuscula doctor Edidit, explanans obscura volumina sanctae Scriplurac, nec non metrorum condidit artem; De quoque temporibus mira ralione volumen, Quod tenet astrorum cursus, loca, tempora, leges, Scripsit, et hisloricos claro sermone libelos ; Plurima versifico cecinilquoque carmina plectro. Actu, mente, fide veterum vestivia patrum, Semper dum vixil, directo est calle secutus.

>, Epist. Guthherti Lullo, 116 :Epist. Mer. et Kar. aevi, 1, p. 406). CT. les jugements de Boniface sur Bède, £pist. 75 id. p. 346), 76 (id., p. 3481. 3. Cf Kurth, Saint Boniface?, p. 3.

4. Via, par Wilibald, écrite sur l'ordre de Lull (r 786), 2 (Mabillon, Acta SS., HE, 2, p. 71, Cf. Anal. Boll., XV, p. 268. 5. Vita, id. Cf Gregorii Il epist. Bonif., 12 (Epist. Mer et Kar. aevi, À,

p.258); Guthberti Lullo, 1IL (id., p. 398).

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