‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 28 sur 404 · XII · texte numérisé non relu

XII

2. Ausone, Genethliacon (Edyllia, V), v. # ‘Schenk], p. #0). 3. La fin du paganisme, t. W, p.71.

+. Id., 1, p. 221.

l'essence même de la vérité !, n'ayant pas le sens de la réalité et mettant dans tout « cette teinte uniformément oratoire qui recouvre et qui gâte toute la littérature de l'empire ? ». Ce n'est pas d’aujourd'hui que l'on blâme l'abus de la rhétorique dans les écoles romaines du 1v° siècle. Chrétiens et païens le leur reprochaient ; l'empereur Julien remettait les choses dans l’ordre quand il écrivait : « Ne dédaignez pas la littérature, ne négligez pas la rhétorique et occupezvous de poésie. Cependant, étudiez surtout les sciences. Le grand travail, c'est l'étude des dogmes d’Aristote et de Platon; c'est l’œuvre par excellence, c'est la base, le fondement, l'édifice et la toiture, le reste n'est que hors-d'œuvre 5. »

Ce sage conseil ne fut pas assez suivi, et les maîtres s’ingénièrent trop à mettre en état de parler tout le monde, et même ceux qui n'avaient rien à dire, Mais 1l ne faudrait pas céder à la tentation d'enfermer presque tout l'effort intellectuel du 1v° siècle dans une seule forme littéraire, le panégyrique. Le recueil des Panegyrici veleres, dont plusieurs n'appartiennent pas à cette époque, ne doit pas retenir exclusivement notre attention. Un exemple que nous empruntons à la même époque, mais, il est vrai, à un autre pays que la Gaule, nous montre d'ailleurs que l'éloquence d'apparat elle-même ne mérite pas d'être rejetée sans examen. En 364, Thémistios, félicitant Jovien au nom du sénat de Constantinople, célébrait la liberté de conscience et suppliait l’empereur d'être tolérant ; lieu commun, mais qui était d'une singulière nouveauté, d'un singulier à-propos au lendemain de la réaction de Julien, alors que l'avènement de son successeur donnait aux uns l'espoir, aux autres la crainte des représailles #.

De tels faits suffiraient à réhabiliter ce genre de littérature ; nous n’en trouvons pas l'équivalent en Gaule ; mais en dehors de l’éloquence d’apparat qui sollicite trop les recherches de style aux dépens des idées, il y avait le barreau où l'orateur cherchait autre chose que la faveur ou les applaudissements. Arborius°, Alcimus

4. C'est ce que reprochaient les chrétiens à la rhétorique. Cf. saint Augustin, De Doct. christ., 4, 2 (M. 3+, col. 89).

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