LA
ars.
a peul-être emprunté le mot, — l’ensemble des études littéraires ; mais, à coup sûr, 1l restreint ces études littéraires aux 26 divisions qu'il énumère ensuite. La grammaire devient ainsi un cadre plus précis, mais plus limité et plus rigide. Elle embrasse presque toutes les matières que Quintilien imposait au maître de grammaire; mais, dans ce sommaire, où des études, comme le barbarisme et les vices semblent former des chapitres distincts, on n'aperçoit plus l'unité qui existait dans le plan de Quintilien. Les conditions, dans lesquelles se développaient alors les écoles, n'étaient pas faites pour atténuer cet inconvénient. Tout au contraire. l'ignorance du latin chez les étudiants, la nécessité de parer aux besoins pressants, l'impossibilité pour la plupart de parcourir le cycle entier des études, tendaient à transformer les différentes parties de la grammaire en objets d'enseignements spéciaux, de valeur et d'importance inégales. Pour un Bède, pour un Alcuin, qui s imposèrent une étude suivie de la grammaire, conçue dans un sens assez large, combien se contentèrent de lui demander le secret des conjugaisons ou de l'orthographe!
Avant tout, la Grammaire devait donc enseigner à parler et à écrire correctement. Alcuin ne demande ni, avec Martianus Capella !, que le langage soit savant, ni,avec Cassiodore ?, qu'il soit beau. Avec
une réserve, qui prouve la justesse de ses vues, 1l souhaite simplement la correction *. Quintilien faisait de même #, 1l est vrai, mais en donnant au mot une autre portée. C'est que les besoins étaient différents. Les maîtres anglo-saxons avaient affaire à des hommes ignorant complètement le latin. Bède constate qu'ilse trouvait, dans les abbayes, des moines ne connaissant que leur langue maternelle ÿ : ce témoignage est confirmé par Alcuin qui recommande de lire aux moines la règle propria linguaf. Il s'agit des hommes qui venaient tardivement à la vie religieuse. Ceux qui étaient entrés au cloître, dès leurs jeunes années, devaient acquérir, par la pratique, une sorte d'usage latin. Mais, pour les amener à écrire correctement, il fallait leur enseigner la grammaire, sans écarter les
faits élémentaires qu’on n’apprend naturellement que dans son propre