Id., p
conque, sens, respiration, mais comment il fallait, sous l'influence de cetarrêt, modifier la prononciation de la syllabe précédente. Ainsi la théorie des pauses se rattachait à celle de l'accent. Ce que l'accent était dans le mot, les pauses le sont dans la phrase. Là encore, les traités de grammaire étaient insuffisants ; s'ils indiquaient la place des pauses, l'enseignement oral seul pouvait transmettre à des étrangers ce que dom Pothier appelle la valeur de pauses des syllabes finales !.
Dans l’enseignement même de la prosodie, fait en vue du chant grégorien, il y avait donc deux parts : l'étude de l'accent et de la ponctuation, également utiles au chant et à la lecture ; l'étude des notions complémentaires propres au chant. La première était fournie par les grammairiens; la seconde ne pouvait être transmise que par des chantres, dépositaires de la tradition. C'est pour ce motif que les Anglo-Saxons ramenèrent des chantres de Rome ? ou se disputèrent ceux qui avaient été formés par ces maîtres 3. Cet enseignement oral empêchait les méprises, comme il s'en produisit au temps de Charlemagne. La tradition grégorienne était transmise viva voce #, et les chantres n'étaient pas tentés de tout confondre en voulant concilier la terminologie des grammairiens, prise à la lettre, et les règles du plain-chant, enseignées didactiquement avec les faibles moyens dont on disposait. Cet enseignement traditionnel n'a pas été fixé dans des traités, pour l'époque qui nous occupe ; il n’en est pas de même de l'étude grammaticale de la prosodie que nous allons examiner. |
Pour connaître la prosodie, les Anglo-Saxons n'eurent que l'embarras du choix entre les divers auteurs qu'ils possédaient. Ils ont puisé de préférence dans Donat, Servius, Sergius et Pompée ; ils ont aussi fait quelques emprunts à Priscien. Aldhelm,,