Les mélodies grégoriennes, p
2. Benoît Biscop ramène l'archichantre Jean (Bède, Hist.Eccl., IV, 18; Plummer, 16).
3. Pour Jacob, voir page 280, note2; Wilfrid appelle à York Aeddi (Bède, Hist. Eccl., IV, 2. Cf. Aeddi, Vita Wülf., 1# (Gale, p. 58); Maban (?) est appelé par Acca, év. d'Hexham (Bède, Hist. Eccl., V, 20).
#. Bède, list. Eccl., IV, 18 (Plummer, 16). Cf. Batiffol, Hist. du bréviaire romain, p. 69.
L'enseignement des leltres classiques. 23
354 LA GRAMMAIRE CHEZ LES ANGLO-SAXONS — Ii
nous le verrons, a dù utiliser une autre source et connaitre un grammairien qui s'était inspiré du grec plus encore que les précédents. Les Anglo-Saxons ont emprunté beaucoup plus qu'ils n'avaient besoin de savoir ; ils ont pris intégralement la théorie de l'accent.
Par accentus ou prosodia, les grammairiens anciens entendaient non seulement l'accent tonique et les signes conventionnels destinés à le marquer, mais encore les indices de la quantité ou de l'aspiration. Ils allaient plus loin, et appelaient accents l'apostrophe et les signes avertissant qu'il fallait, dans la lecture, unir ou séparer les syllabes. Ils arrivaient ainsi à reconnaître dix accents ou prosodies, représentant les accidents possibles de la prononciation !.
A ne regarder que le latin, au 1v° et au v° siècle, cette liste était conventionnelle. Si, pour la dresser, Donat et Priscien ne s'étaient inspirés que de la prononciation, à leur époque, ils eussent pu la faire plus courte. Dès leurre siècle, le 1v° au plus tard, l’accent mélodique du latin avait changé de caractère, et la prononciation ne distinguait plus des syllabes aiguës et des syllabes graves, mais des syllabes fortes et des syllabes faibles ?. A plus forte raison, ne fallait-il pas établir de différence entre un accent aigu et un accent circonflexe, en admettant que dans la langue latine, cette distinction eût jamais été légitime. D'autres altérations s'étaient produites: on avait cessé de percevoir et de marquer la quantité. Il en était de même, semble-t-il, pour l'aspiration. Si, à l’époque de Quintilien Ÿ, et même de saint Augustin #, c'était une faute contre la grammaire de ne pas aspirer ou d'aspirer mal à propos, nous savons, d'autre part, que, dans la langue parlée, l'aspiration était faiblement prononcée, et que, dans l'écriture, on ne la notait pas. Les esprits doux et rudes étaient d’ailleurs inutiles dans le latin, qui avait la lettre k pour indiquer que l'initiale était aspirée. Donat et Pompée le remarquent *, mais ils n en conservent pas moins les deux accents dans leur liste.
On voit que, si les grammairiens avaient voulu faire cadrer leur théorie avec l'état réel de la langue, ils auraient dû y introduire de
1. Priscien, De Acc. (K., IT, p. 520). Cf. Donat (K., IV, p. 371), etc...
2. Cf. Vendryès, Recherches sur l'histoire et les effets de l'intensité initiale en latin, p. 15, 20 et suiv.