Nous croyons utile de citer ces rapprochements
Aldhelm, Heddae (M. col. 96, Epist.
Mer. el Kar. aevi, [, p. 236) : « qui versus monoschemi, qui pentaschemi, qui decaschemi... »
De sept, col. 179 : « decaschemus... »; Col. 180 : « Graeci pentaschemum dixerunt... Quae Graece monoschemus versus vocatur... ».
De sept. (col. 180) : « Unius tantum schematis sorte gratulatur, sine quo aliorum schemalum speciebus funditus carere cognoscilur : quae Graece monoschemus versus vocatur, cum praeter ultimum pedem caeteri omnes dactylica fungantur scansione, ut... »
Heddae (M. col. 96, Epist. Mer. et Kar. aevi, p. 236) : « .… et qualiter catalectici, brachicatalectici seu ypercatalectici versus... »
De sept. (col. 180) « Quis est versus hypercatalecticus hexameter ? Ubi certo numero sex pedum una syllaba subnectitur. »
De sept. (col. 182) : « Quae est caesura trititrochaici, vel tritustrochaeus ? »
[Ici Aldhelm transcrit les termes techniques grecs, après quoi il s’inspire des grammairiens latins, cf. Diomède, HT (K., I, p. 498).]
De sept. (col. 183) : « Quae est definitio cacsurae tetartitrochaici...… ?
[Aldhelm a confondu ici cette coupe avec la coupe bucolique pour laquelle il prend la définition d'Audax (K., VIL, p. 333.] Peut-être a-t-il eu, à la fois, entre les mains un grammairien reconnaissant une coupe après le trochée quatrième, et un autre nommant la coupe bucolique tetactn (Bouxn- Ar comme Plutarque, Moralia, de metris ‘éd, Bernardakis, VII, p. #70:.
Peut-être aussi le texte est-il altéré.
Dracon, édition G. Hermann(p. 136):
.…. TEL MOVOSYUUV, RECÈ TEvTagy fur, TEpt dexagnuwuv.
P. 136 : Movosynuot uèv ov etav, dat ñ 470 DaxrÜluv pôvev aûyxevrat, À &r0 HOVewy orovbsiwv. auubaive Yap =0 Gkov d{fUA TOÏ qriyou, Év xai +0 AUTO Elvat t0ÿ autoÿ xodos Btodesovtos zôv GAov atiyov, @£ OÙTOS...
P. 135 : ... +où xatahnxrixoë, 105 Bozuxatakfxtou xai Ürepratañnxtou….
P. 136 : üxepxaraAnxzov dè drav üreg- Bain pu oukda6ñ.
* Ld
P. 126 : Tien tpoyatxn Ô éoruw, Otav Ô toltoç roùx arapriquv els pépos Àdyou Tpoyaios Tuyyavn, oov..
P. 126 : Teragrn tpoyaïxn Ôè écriv, OTav 0 térapros roïç Ouoiwç araptigruv Es uépos you rcoyaios tuygaävn, ue vTde….
nous disposé à croire qu'Aldhelm a connu sinon Dracon, du moins des métriciens grecs, qui avaient la même terminologie 1, et qu'Hadrien aurait apportés en Bretagne.
Le traité d'Aldhelm a bien un caractère pratique. Ses défauts, sa prolixité, l'habitude qu'il a de reprendre la même idée à plusieurs reprises, et de l'étudier en détail, lui ont été moins nuisibles ici que dans d'autres parties de son œuvre. Tantôt il reproduit les règles des métriciens, tantôt, pour les faire siennes, il les délaye dans cette langue qui lui est propre, ou il les éclaire par des exemples ?. Pour rendre sa démonstration plus nette encore, il suppose un dialogue entre le maître et le disciple, ce qui lui donne l’occasion de reprendre le même fait sous plusieurs formes. Ici on lui pardonne ce procédé, justifié par l'ignorance de « son disciple, et, semble-t-il, par l'inexpérience du maître.
La partie du De septenario qui fut la Fe utile, est évidemment la dernière, Combien précieuses, pour se familiariser avec la quantité, ces listes de mots rangés par type de pieds. Il y a eu là un effort d'une utilité incontestable, et on doit reconnaître qu'Aldhelm a atteint, en général, à la clarté dont il se vante à.
Le De arte metrica * de Bède présente un intérêt de premier ordre. Il contient, en vingt-cinq chapitres d’inégale étendue, des notions très succinctes sur certains points de prosodie et de métrique. Bède étudie la lettre, la syllabe, les syllabes communes, la quantité des syllabes, initiales, médiales, finales. Puis, après quelques mots sur les pieds, il étudie l'hexamètre et le pentamètre, ce qui l'amène à passer en revue la synalèphe, la diérèse, les licences poétiques, autorisées par l'autorité et la liberté, les différences entre les poètes anciens et modernes. [Il énumère ensuite sommairement les mètres suivants ; phalécien, saphique, tétramètre catalectique, hexamètre iambique, anacréontique, tétramètre trochaïque, se contentant d’indiquer de quels pieds chacun d’eux se compose. Il consacre quelques lignes à la versification rythmique, et termine par l'important chapitre sur les genres dont nous avons déjà parlé.
Bède a largement puisé dans les grammairiens anciens, dans
1. Les termes signalés dans la note précédente sont familiers aux métriciens grecs; ainsi : cafalectici, etc. cf. Hephaestion (éd. Westphall), p. 14, 15; schol. À, p. 1#1-142, etc., monoschemi, cf. Plutarque, De metris (éd. Bernardakis. VII, p. #71, presque dans les memes termes.