Gaisford, p. 538, d'après Isidore, Etym., I
hexamètres !, il traite brièvement des mètres, et donne quelques indications sur leur origine ? et sur le sens de certains termes techniques 5. On le voit, le traité attribué à Boniface est loin d'avoir l'importance des précédents. Les quelques notions qui y sont données sont indiquées plutôt qu'étudiées. Ce sont des notes sommaires, sans grande utilité.
Alcuin, dans sa grammaire, annonçait une métrique f; nous ne l'avons pas, soit qu'il ne lait pas composée, soit qu ‘elle ait été perdue. Dans le De viris illustribus ordinis S. Benedicti 5, Trithème rafige un Art poétique parmi les ouvrages laissés par Alcuin, mais il n'en parle pas dans le De ecclesiasticis scriptoribus 5. Deux pages sur les syllabes longues par position et sur les syllabes communes ?, une pièce de 26 vers mnémoniques, où sont groupées un certain nombre de quantités 8, c'est tout ce qui, dans les œuvres d’'Alcuin, se rapporte à l'étude technique de la versification.
Ces traités furent désormais employés et cités à côté de ceux d’où ils avaient été extraits, mais ils ne les remplacèrent pas. Aussi bien, en réunissant toutes les notions que l’on rencontre dans Aldhelm, Bède, et Boniface, n'aurait-on pu constituer un cours de versification complet.
C'est donc dans les grammairiens que les maitres anglo-saxons ont tout d'abord étudié la versification latine; leurs réserves, nous le verrons, ont porté seulement sur quelques détails. Cette imitation n'allait pas sans inconvénient. Le danger des traités techniques est d'écraser l'art dont ils analysent les procédés. En dehors des lois géné-
{. Gaisford, p. 580. Ce passage a été publié aussi par Keil, VI, p. 645
2. Gaisford, p. 580. Cette dernière partie est empruntée ou imitée d’Isidore (Etym., E, 30, 38, 39; VI, 8). M. Wilmanns {p. 404) signale ici une amusante méprise du copiste. Isidore ayant dit (Etym., 1, 38). « Prosae studium sero viguit », sero est devenu, dans le texte attribué à Boniface (Gaisford, p. 581), l'écrivain Seron : « Orationis autem studium primus egit Seron. »
3. Les définitions (p. 504) poésie, résolution (des syllabes), places paires et impaires, césures.. sont empruntées à Servius, De centum metris (K., IV,