‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 33 sur 404 · Paneg. lal., IV · texte numérisé non relu

Paneg. lal., IV

#, Cf. Rutilius Namatianus, J{in., I, 63.

5. Cette idée est cxprimée ailleurs qu'en Gaule. Cf. Bayet, dans Lavisse, Histoire de France, I, 1, p. 40, 65, et Fustel de Coulanges, L'invasion germanique, p. 337, note.

encore l'écho vers 416 !, a été mise en doute. Aux nombreux textes où ce sentiment est affirmé, M. Viollet*, par exemple, en a opposé quelques-uns qui les contredisent. Mais ces textes témoignent de l'impatience des chrétiens à voir le monde se transformer si lentement, beaucoup plus que d'une lassitude à supporter la puissance romaine. Des déclamalions de Salvien saluant les vertus des barbares, nous ne pouvons rien conclure de plus que des pages de Tacite exaltant les mœurs des Germains.

Pour nous enfermer dans les limites de notre sujet propre, l'éducation romaine convenait d'autant plus à la Gaule, qu'entre toutes les provinces vraiment romanisées, c'était une des plus pénétrées de l’influence de Rome, une de celles où la surveillance de l'État était le plus étroite. On peut dire que la fonction de l'école en Gaule était de former les sujets gaulois de l'empire à la vie romaine. Et elle paraît bien s'être adaptée à cet office.

À leur auditoire, les maitres répétaient que le citoyen est subordonné à l'État, que l'homme bien né doit rechercher les honneurs, qu'il n'est pas de plus grand bien que la gloire. et que, pour atteindre à ce bien suprême, la voie la plus sûre est l'éloquence. Après Quinülien, ils célébrai2nt la discipline qui procure « la puissance, les honneurs, les amitiés, la gloire dans la vie présente et dans l'avenir 3 ».

Magistrats et avocats, fonctionnaires de tout ordre et de tout rang, devaient posséder des connaissances juridiques et être exercés à la parole ; de ceux à qui elle déléguait la moindre parcelle de son autorité, Rome exigeait qu'ils eussent l'esprit romain, et cet esprit on l’acquérait dans les écoles. C'est le service que les nobles gallo-romains attendaient de la grammaire et de la rhétorique; et, s'ils se soumettaient à une discipline traditionnelle, ce n'était pas pour écrire de petits vers dans leur vieillesse, ni prolonger leur rhétorique jusqu'aux derniers moments de leur existence.

Le séjour des empereurs en Gaule, le développement de la bureaucratie, la création des titres de noblesse‘ donnèrent aux ambitions un but moins lointain et accrurent sans doute la clientèle des écoles. Tiberius Victor Minervius avait donné « mille jeunes

1, Jin, 1, v. 133 ct suiv.

2. {listoire des instilutions de l'ancienne France, 4, p. 16%, 167.

3. Inst. orat., XII, 11, 29. Tertullien, .ipol., 14 (M. 1, col. 350;, disait des lettres qu'elles formaient « ad prudentiam et ad liberalia officia ».

Page 1