Müller, id., p
+. K., VII, p. 251.
cela, n’entreraient pas dans le vers : ainsi Jfaliam, basilica, religio, reliquiae, verilas, trinilas, alvearia. Ïl faut mettre à part les mots comme alvearia, où 1l y a une syncope, religio, reliquiae, où la quantité longue de re s'explique par la faculté de redoubler /. Restent les mots Jtaliam, trinitas, basilica, veritas. Bède applique ici une règle donnée par les métriciens, mais dont les poètes classiques n'ont usé qu'avec ménagement. On ne relève dans Virgile qu'un très petit nombre d'exemples de ce genre!. Bède, pour justifier cette licence, invoque les différences de détail, existant entre la versification hébraïque et la versification latine. Si l'on peut modifier la quantité de certaines syllabes en latin, c'est que les Hébreux « n'ayant ni le dactyle ni le spondée, emploient souvent d'autres pieds ayant les mêmes temps, mais non les mêmes syllabes? Îl invoque aussi, ce qui nest pas moins curieux, la piété des poètes. C'est ainsi que Sédulius a pu abréger la première syllabe de Spiritus”*; « pour célébrer d’une voix claire la gloire de la sainte et indivisible Trinité, le poète a négligé la règle # »; ailleurs, et pour une raison analogue, Sedulius n'élide pas la finale de ego; ailleurs, « pour mieux faire valoir la vérité de la parole du maître, il a méprisé la science séculière® » et compté comme brève la finale de fuun, suivie d’une consonne ?.
Les règles des grammairiens cédaient ici devant les pieuses intentions du poète, comme elles cédaient, pour la correction et pour l'orthographe, devant l'autorité du texte sacré.
L'élision, l'hiatus, la diérèse, la synérèse, qui, chez les Anglo- Saxons, appartiennent à l'étude de la quantité, donnent lieu à de nouvelles licences. À la différence des grammairiens du moyen âge, ils admettent l'élision. Aldhelmñ, après Donat”, la considère
. Cf. Benoist, Édition classique de Viryile (p. 23). . K., VIE, p. 252.
. Hymn., 1, 110.
. K., VII, p. 252.
. Sedulius (Pasch., I, 321) :
« Sic ait ipse docens » ; « Ego in patre et Pater in me ».