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devrions-nous dire pour quelques-unes, indiquées par Bède, il ressortait le conseil, implicitement donné, d'avoir la mémoire amplement.garnie de vers latins. C'était pour les contemporains de Bède, comme déjà pour les versificateurs romains du n° et du m° siècle, le seul moyen d'obvier à l'impossibilité de percevoir naturellement la quantité !. Aldhelm avait eu en vue le même objet en accumulant, dans la dernière partie de son traité, des listes de mots rangés d'après leur quantité.
Après l'étude des syllabes, Aldhelm a inscrit dans son programme l’étude des pieds. Cette question est traitée dans la dernière partie du De septenario, dans le De arte metrica de Bède et dans le De caesuris de Boniface.
C'est Aldhelm qui lui a donné le plus grand développement ; mais, nous l'avons dit, l'étude des pieds lui a fourni l'occasion d'indiquer la quantité et l'accentuation d'un très grand nombre de mots. Suivant la coutume des grammairiens, en effet, il passe en revue les pieds isolément, abs metrorum versificatione, comme il le dit lui-même ?, et non dans la relation que le rythme établit entre eux. [1 dresse des listes de mots iambiques, dactyliques, etc, beaucoup plus qu’il n'étudie les mesures différentes qui peuvent se rencontrer dans une phrase poétique. Quand il parle d'accent, il s'agit d’accent tonique, et quand il distingue l’arsis et la fhesis, il entend Îa première et la seconde partie, non de l'élément rythmique, mais du mot isolé.
Bède a consacré aux pieds un très court hab 3, [l énumère les pieds de deux et de trois syllabes, et il renvoie à Donat, pour l'étude des autres. 11 ne fait aucune allusion à l'arsis et à la fhesis.
Boniface, au contraire #, qui étudie les pieds, d'après Isidore, a conservé ces termes, et il enseigne comment la fhesis et l'arsis se répartissent dans chaque pied.
1. Nous possédons des recueils de vers latins collectionnés dans ce but. Voir Chatelain, Rev. de phil., VII,1883, p. 65. Cf. l'Opus prosodiacum de Micon (Poet. lat. car., III, p. 279).