‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 347 sur 404 · K. VII, p · texte numérisé non relu

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aux lettres profanes !. Sur ce point, l'adaptation des grammairiens anciens à l'éducation chrétienne était complète. .

La grammaire, telle qu'Alcuin en a fixé les limites, embrassait d'autres divisions que les parties du discours, l'orthographe, la prosodie, la métrique et les tropes. Bien que les maitres anglosaxons n'aient pas consacré des ouvrages spéciaux à l'analogie, à l'étymologie, aux différences, aux gloses, ni à l'histoire, nous savons qu'elles avaient une place dans leur enseignement; nous pouvons même, dans une certaine mesure, nous rendre compte de la méthode qu'ils apportaient en les étudiant.

L'analogie, l'étymologie, les différences, les gloses rentraient dans l'étude même du vocabulaire, et c'est en se plaçant au point de vue pratique qu'ils les ont étudiées. Répudiant toute théorie générale, ils ont cherché, dans les ressemblances qui existent entre les mots et dans l'analyse de leurs éléments, le moyen de les mieux comprendre ; ils se sont attachés aux différences pour distinguer les nuances des sens et ne pas créer, entre les termes, des synonymies abusives. Le De orthographia de Bède a conservé le témoignage de cet effort. Le maître de Jarrow y a défini un grand nombre de térmes®, et son livre dut rendre aux moines les mêmes services que les traités de Verrius Flaccus, de Varron, et les précieux répertoires d'Isidore de Séville. Outre l'utilité directe que l'étude de cette partie de la grammaire avait pour la connaissance même de la langue, nous voyons, par les commentaires de Bède, qu'on utilisait souvent les définitions, les étymologiesi, pour inter-

4. Il ne s’y trouve que deux exemples empruntés aux auteurs profanes. Pour l’un (Halm, p. 610), il cite à la fois un vers attribué à Ennius et une phrase du pape Grégoire.

2. Citons, par exemple, les différences entre agnoscimus et coynoscimus, album et candidum (K. VI, p. 26), etc.

3. Bdelliumet lapis onychinus (Heraem.,1, M.91, col. +6), bdellium, d'après Pline, Hist. nat., XI, 9, dit-il. Il semble que, dans ce passage, Bède ait utilisé aussi Isidore, Etym., XVI, 8, 6; lapis onychinus d'après Pline, id., XV, 15, 16 et Isidore, id., XVI, 8, 3.

4. Lapis prasinus {Heraem., 1, M. 91, col. 46); virago (id., col. 52); homo (In Pentau. Genesis}, + (M. 91, col. 216); Andreas (In Marce., À, 3, M. 92, col. 160).

préter l'Écriture. L’explication d'un verset commence parfois par la définition d'un moti.

L'histoire, qui, pour Isidore et Alcuin, est une des divisions de

la grammaire, semble avoir été pour les Anglo-Saxons ce quelk

était dans l'enseignement donné par le grammairien aux contemporains d'Ausone et de Sidoine Apollinaire, un répertoire d'exemples. Dans les histoires, surtout dans les chroniques qu'ils ont préférées', ils ont pris ce qui était nécessaire, soit pour comprendre la Bible, soit pour l'interpréter dans le sens allégorique 3. Nous rapprochons aujourd'hui, dans l'enseignement, la géographie de l'histoire. Monnier a cru qu'il en était de même chez les Anglo-Saxons {; mais il a donné au passage unique d’Alcuin 5, sur lequel il s'appuie, une interprétation erronée. Bède, auquel Alcuin l’a emprunté, entend par les mots secundum D roaan non pas l'histoire, mais le sens historique de l’Écriture 6. Cela n’a d'ailleurs aucune importance: les arts, chez Bède au moins, n'apparaissent pas rigoureusement classés et séparés comme ils l'ont été depuis. Ce qui nous intéresse davantage que la classification, c’est que Bède ait étudié la géographie. Il l'a utilisée, soit dans ses ouvrages didactiques comme le De natura rerum ?, soit dans ses travaux d'exégèse 8. Dans le De nalura rerum, les notions géographiques sont mélées à des vues générales sur le monde qui ont un très grand intérêt pour l'histoire de la cosmographie au moyen âge.

Le grec.

Dans l’enseignement romain, tel que Quintilien l'avait décrit, ou idéalisé, l'enfant apprenait le grec en même temps que le latin. Nous

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