Hauck, Airchengesch. Deutschlands, 1, p.282 et suiv
3. Jonas, Vitae, Il, 8 (Krusch, Script. rer. Merov., IV, p. 121).
&. Vita Salabergue, 7 (Mabillon, Acta. SS., Il, p. 425) : « Valbertus... wir omnium fama laudabilis eximiaeque sanctitatis, et in Ecclesiasticis disciplinis non mediocriter eruditus, bonitate ac pietate caritateque praecipuus et doctrina exuberans. » |
ayant étudié les arts libéraux, ni comme les ayant enseignés. Jonas parle d'un enseignement donné par Eustase, maison voit, par le contexte, qu'ilentend parler de la propagation de la règle monastique !. Ses disciples, saint Omer ? par exemple, connaissaient la science sacrée. Seul, saint Agile, d'après son biographe, aurait été pénétré des disciplines libérales #. Mais sa vie est justement suspecte; l'auteur a beaucoup emprunté à la vie de saint Eustase, par Jonas de Bobbio, dont il délaie le texte *. Dans le passage qui nous occupe, l'emprunt est évident. Les mots nam liberalibus disciplinis enucleatius imbulus, multos sua facundia erudiit sont, à n'en pas douter, l’expression amplifiée de : fuitque ejus studii, ut multos sua facundia erudiret $ que Jonas n'applique pas à Agile, mais à Eustase. Ainsi le seul document qui pourrait faire supposer qu'on enseignât les arts libéraux à Luxeuil perd beaucoup de sa valeur 6.
Nous n'apercevons donc pas que saint Columban ait exercé en Gaule une influence sur la restauration de la culture antique, et nous n'avons pas le droit de dire que Luxeuil fut, de 595 à 700, le centre de la vie intellectuelle dans le royaume franc 1.
1. Jonas, Vitae, IT, 8 (id., p. 123) : « Deinde pervenit ad supradictum coenubium ; ibi tam plebem interius quam vicinos populos ad christianum vigorem excitare studet multosque eorum ad paenitentiae medicamenta pertraxit. Fuit ejus studii, ut multos sua facundia erudiret. »
2. Vita, 3 (Mabillon, Acta SS., Il, p. 560) : « Erat enim mente castus et corpore, in divina scientia eruditus. »
3 Vita, 4 (Mabillon, Acta SS., II, p. 318) : « In eo prae cunctis doctrinae ac religionis acumen resplenduit. Nam liberalibus disciplinis enucleatius imbulus, multos sua facundia erudiit. »
4. Büdinger, Sitzb. de l’Acad. de Vienne, XXIIT, p. 372. Cf. Vacandard, Vie de saint Ouen, p. 18, note 2.
5. Jonas, Vitae, [1,8 (Krusch, Script, rer. Merov., IV, p.133). Il est incidemment question d'Agile dans ce chapitre.
6. Nous laissons de côté les saints qui ont passé par Luxeuil, mais avaient acquis ailleurs les connaissances que les biographes leur attribuent, ainsi saint Germain de Granval (+ 667) qui avait étudié les (lettres libérales, dit Bobolenus, auprès de Modoald, évèque de Trèves (Vie un peu plus récente, 2, Mabillon, Acta SS., Il,p. 511) : « … infantulus traditus est B. Modoaldo... Qui cum audisset eum elegantem et sagacis ingenii cernerect puerum, litteris liberalibus eum erudire cæpit. » — Nous écartons aussi, comme nous l'avons fait plus haut, les témoignages fournis par des vies composées cerlainement au ix* el au x° siècle : ainsi la vie de saint Bercaire (instruit d'ailleurs auprès de Nivard, évèque de Reims {Vie du x° siècle, 3, Mabillon, Acta SS., Il, p. 833); de saint Achard {Vie du x° siècle, 7, Mabillon, Aefa SS., 11, p. 956).
7. Miss Marg. Stokes, Three Monks in the Forests of France, p. 74. Ozanam (La civil. chrét. chez les Francs, p. 573) avait dit de mème : « Les trois grandes
I est vraisemblable que les autres Irlandais n'ont pas exercé
plus d'action. C'est plus tard seulement, que le monastère fondé par saint Gall devint un centre d'études. Rien ne prouve que, durant la vie de son fondateur, il ait atteint à la prospérité qu'Ozanam lui prête, à l’aide des documents empruntés aux deux siècles suivants !. A la fin du vu siècle, un moine de Péronne, Cellanus, dont nous avons déjà parlé ?, composera des vers latins. Mais il était lui-même irlandais, et l'on ne peut affirmer quil ait appris les lettres dans le monastère où il écrivit, et qui avait eu pour abbés les frères de saint Fursy.
Quant aux Francs qui avaient séjourné en Irlande, ils sont trop peu nombreux, et nous avons sur eux trop peu de renseignements pour conclure rien de leurs voyages. Agilbert, évêque de Paris (+ 680), était allé lire l'Écriture en Irlande3. Sur l'ordre de Grimoald, maire du Palais, Dagobert IT (+ 679), tout enfant, y avait été conduit par l’évêque de Poitiers, Didon #. Nous ignorons s'ils avaient appris les lettres, et si, à leur retour, ils contribuèrent à en répandre l'étude.
On objectera que, si on n'a pas la preuve formelle que les Irlandais aient établi, en Gaule, l'étude des lettres, on pourrait supposer qu'ils l'ont fait, puisqu'ils ont pratiqué la lecture sacrée. Dans sa règle, saint Columban prescrit de lire‘. Nous nous sommes à plusieurs reprises expliqué sur ce sujet, et nous avons
abbayes qui marquèrent le chemin de son apostolat, Luxeuil, Bobbio et Saint- Gall, donnèrent à la science irlandaise autant de chaires, d’où elle se répandit chez les peuples voisins. »