‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 372 sur 404 · Voir plus haut, page · texte numérisé non relu

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3. Bède, Hist. Eccl., TT, 7 : « Agilberctus, natione quidem Gallus, sed tunc

legendarum gratia scripturarum in Hibernia non parvo tempore demoratus... Cujus eruditionem atque industriam videns rex... » A son retour d'Irlande, Agilbert fut évêque chez les Saxons occidentaux; voir, plus haut, p. 257.

4. Lib, Hist., #3 (Krusch, Script. rer. Merov., II, p. 316): « Decedente vero tempore, defuncto Sigiberto rege, Grimoaldus filium ejus parvolum nomine Daygobertum totundit, Didonemque Pectavensem urbis episcopum in Scocia peregrinandum eum direxil. » M. Healy, /nsula sanctorum, p. 590, suppose, sans preuve (cf. d’Arbois de Jubainville, Rev. Celt., XXI, p. 112), qu'il fut élevé à l'école de Slane. Wilfrid d'York est chargé de le retrouver (Vila Wilf., 28, Gale, Hist. script., p. 65). Cf. Tardif, Nouv. Rev. hist. de droit français el étranger, 1898, p.168, et Longnon (Romania, XXIX, 1900, p. 491).

5, 3 (M. 80, col. 209) : « Ego quotidie jejunandum est, sicut quotidie orandum est, quotidie laborandum, quotidieque est legendum. »

constaté que la lecture sacrée ne suppose pas un cycle invariable d’études ; tantôt elle a coincidé avec une culture étendue, tantôt elle s’est accommodée des connaissances les plus rudimentaires. D'une façon générale, on ne peut donc pas conclure de l'obligation de lire le texte sacré à celle d'étudier les arts libéraux. Le cas présent est plus délicat : la lecture sacrée est prescrite par un homme à qui on avait enseigné les arts libéraux, dans l'intention unique de lui rendre accessible l'intelligence de l'Écriture. Il faut donc expliquer pourquoi, en fait, il n'a pas imposé l’étude des lettres. Cette explication, nous croyons qu'elle se trouve à la fois dans la situation de l'église franque, dans les aspirations du monachisme au vu siècle, et dans le caractère propre de la réforme que saint Columban voulut y introduire.

La Gaule offrait, au vu siècle, le même spectacle qu'au siècle précédent: les rivalités et la faiblesse des rois mérovingiens prolongeaient la période de désordres et de violences, décrite en traits expressifs par. Grégoire de Tours. L'Église n'avait pas été épargnée. La négligence des évêques , conséquence naturelle d'une situation troublée, avait, dit Jonas de Bobbio, autant que la fréquence des guerres, énervé la force de la religion. Les vertus évangéliques n'étaient pas pratiquées. Pourtant les monastères se multipliaient ; dans le déchainement des appétits, ils offraient un refuge à qui redautait le spectacle ou la contagion des vices. Car, si la religion ne parvenait pas à améliorer les mœurs, la foi subsistait ?. Le contraste violent, qui opposait aux aspirations de quelques-uns les vices du plus grand nombre, reproduisait la situation du 1v° siècle, qui opposait le zèle des chrétiens sincères à la tiédeur des demi-croyants. Comme alors, les consciences plus délicates, ou plus profondément troublées par la crainte des supplices éternels, ne voyaient d'espoir que dans la vie monastique. Les uns s'enfuyaient dans des ermitages pour renouveler les austérités de saint Antoine à, les autres s’enfermaient dans les monastères que la piété multipliait et dotait d'immenses domaines, Mais la société religieuse avait été pénétrée par les vices du dehors et les intransigeants souhaitaient une discipline rigoureuse. Ce

1. Jonas, Vilae, 1, 5 (Krusch, Script. rer. Merov., IV, p. 1).

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