‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 375 sur 404 · Krusch, id., p · texte numérisé non relu

Krusch, id., p

7. Cf. Vacandard L'idolâtrie en Gaule, au Viet au VII: siècle Uiev. des Quest. hist., 1899 1, p.42+;.

414 LES LETTRES CLASSIQUES EN GAULE AU Vilf ET AU VUI® SIÈCLE

franque. En Irlande, la nécessité d'apprendre le latin, les progrès de l'exégèse biblique avaient amené les moines à pousser assez loin l'étude de la grammaire ; encore la science avait-elle été rare au vi* siècle, autant que nous pouvons l' apercevoir. Sur le continent, Columban s'était trouvé en face d'une Église qui, par méfiance et surtout par la force des choses, avait renoncé à l'éducation antique. Apprenant par l'usage la langue parlée, elle ne conservail, dans la grammaire, que ce qui était strictement indispensable. non pas pour obtenir un langage correct, mais pour subvenir aux besoins de la vie sociale, à l'échange des pensées entre habitants ou entre nations. Bien plus, le latin correct appris dans les livres, le prétendu purisme scolastique était considéré comme écartant d'un écrivain la masse des lecteurs ; nous l’avons constaté au siècle précédent, cela est encore exprimé nettement dans le prologue de la vie de saint Éloi !. En Gaule, on n’était donc pas, comme en Irlande, entraîné par l'étude théorique de la langue et l’exemple des grammairiens au delà des besoins journaliers du langage. Ces connaissances suffisaient à la prédication. Quant à la lecture sacrée, il semble bien que là où elle était pratiquée, le clergé franc du vu siècle ne comptait pas sur ses propres connaissances pour parvenir au sens ; il méditaitle texte ou lisait les gloses existantes. Nous voyons par plusieurs témoignages que, dans l'éducation religieuse, la mémoire jouait le rôle principal. On lisait et on relisait les psaumes” au point de les savoir par cœur, puis on réfléchissait sur le texte. Rien ne prouve que saint Columban ait modifié cette méthode ; il recommanda de lire chaque jour; les moines formés par lui se livrèrent à la prédication *. Mais ils se contentèrent d'exposer les vérités de la foi; et, quant à la lecture sacrée, on ne découvre pas, à son époque, dans les monastères qu'il a fondés, quelque moine qui, à l'exemple d'un Bède, ait étudié les arts libéraux et montré son érudition dans un commentaire plus ou moins original des Livres saints i.

4. Krusch, id., p. 664.

2. Vita Rusticulae, 8 (Mabillon, Acta SS., I, p. 1#1); la sainte savait par cœur non seulement les Psaumes, mais toute l'Écriture. Cf. Vita Geretrudis (texte A), 3 (Krusch, Script. rer. Merov., II, p. #58).

Page 1