‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 376 sur 404 · Cf. Hauck, Airchengesch. Deutschlands, I, p · texte numérisé non relu

Cf. Hauck, Airchengesch. Deutschlands, I, p

4. L'un de ses disciples, saint Donat de Besançon (+ 651), écrit une règle extraite de celles de Columban, de Césaire et de Benoît (cf. Hauck, Kirchen-

gesch. Deutschlands, 1, p. 278). [l y recommande la lecture sacrée, ch. 2% (M. 87, col. 281}, et la méditation de l'Écriture (col. 282).

Attiré et, avouons-le, étonné par les vers latins qui lui sont attribués, on a voulu voir en lui un maître d'école en même temps qu'un missionnaire. Rien ne nous autorise à croire qu’il en ait été ainsi. Saint Columban enseigna la discipline, non la grammaire; il lutta contre le relâchement des mœurs et la tiédeur religieuse, non contre l'ignorance. Les jeunes nobles qui, se retirant à Luxeuil, déposaient les vanités du siècle pour se préparer aux récompenses éternelles !, n'y apprenaient pas les arts libéraux. Sans doute Columban ne songea-t-il même pas à les enseigner, les connaissances de l'Église franque lui semblant suffire au but qu’il se proposait.

Les lettres en Gaule au VIT: siècle.

Ainsi la venue des Irlandais n'avait pas amélioré l’étude des lettres dans l’Église, et la situation que nous avons constatée au vi* siècle se prolongea et s'aggrava pendant le siècle suivant. M. de Smedt ? a fait justice de l'affirmation de l'Histoire littéraire qui, après avoir reconnu l'ignorance générale, durant cette période, ajoute : « L'Église et l'ordre monastique furent, vers ce temps, les ports où se sauvèrent les débris des lettres et dé sciences dans leur naufrage 3. » Comme il l’a montré, il ne faut pas se figurer les nombreux monastères fondés à cette époque, sous l'aspect des grandes abbayes bénédictines. Le plus souvent ils consistent dans des cabanes élevées autour d'une petite église ‘ En dehors des exercices spirituels, les moines s'emploient au travail manuel: ils mettent en valeur l'immense domaine qu'ils possèdent. Ces soins suffisent à leur activité.

Ce qui a pu faire illusion, c'est là présence, dans les monastères, de gens passant aux yeux de leurs contemporains pour instruits. Il se produisit au vui° siècle ce qui s'était passé auparavant. Les

1. Jonas, Vitae, I, 10 (Krusch, id., p. 76) : « [bi nobilium liberi undique concurrere nitebantur, ut et,exspreta faleramenta saeculi el praesentium pompam facultatum temnentes, acterna pracmia caperent. » Sur les vers attribués à Théodofrid, voir plus loin, p. #20, note 3.

2. La vie monastique dans la Gaule au VI* siècle, dans La France chrétienne dans l'histoire, p. 39.

Page 1