Cf. Wattenbach, Geschichtsquellenf, 1, p
er ee.
&16 LES LETTRES CLASSIQUES EN GAULE AU Vilf ET AU VIII SIÈCLE
abbés sont recrutés en grande partie parmi les nobles francs qui, avant d'embrasser la vie religieuse, avaient occupé des emplois au
palais et joué un rôle dans l'État ‘. Comme saint Eucher et saint Germain autrefois, les saints Paul de Verdun, Didier de Cahors, Phi-
libert, Sulpice de Bourges, Ouen, Wandrille, etc., mettent leur science au service de l'Eglise. Mais là s'arrête la ressemblance; nous avons
vu, en parlant de l'École du Palais, ce qu’il fallait entendre par
l'enseignement des lettres qui v était donné ?. L'École du Palais ne
reproduisait pas plus au vu siècle qu'au vi* l'école romaine des
anciens temps. Les nobles recommandés, qui avaient vécu au Palais,
y étaient arrivés sachant lire et écrire; ils connaissaient le métier
des armes ou l'administration; mais ils ne savaient ni construire une ériode, ni faire des vers latins.
Il n'est plus question de l'enseignement des arts libéraux dans les écoles publiques, et l'on ne voit pas que les écoles monastiques les aient encore remplacées. Barral dit bien, dans la Chronologie de Lérins, que les jeunes gens y venaient comme dans un centre de lettres et de vertu %, mais nous avons déjà dit que cet ouvrage est justement suspect. Si les études classiques avaient été développées à Lérins, au vi siècle, il serait étonnant qu'on n'en relevât pas
plus de traces.
Nous avons pourtant quelques documents prouvant qu'à cette
époque, il se trouva quelques hommes pour avoir une teinture des
lettres classiques. Dans deux lettres de Paul de Verdun, adressées à Didier de Cahors, on trouve des réminiscences des poètes, et même une citation de Virgile “. Ces souvenirs sont enchâssés dans une langue qui est loin d’être classique. Le biographe de Paul de Ver-