‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 378 sur 404 · Fustel de Coulanges, La monarchie franque, p · texte numérisé non relu

Fustel de Coulanges, La monarchie franque, p

2. Voir plus haut, p. 92. Nous y avons rapproché les textes relatifs à des saints du vi et du vrie siècle, pour ne pas morceler l'examen de cette question.

3. I, p. 321 (à propos de saint Agricol + 700): « Florebat tempestate celebre illud Lerinense coenobium... in quo adolescentes nobiles, tanquam ad celeberrimum quoddam litterarum et virtutis emporium confugiebant. » Cf. Lahargou, De schola Lerinensi, p. 8.

&. ÆEpist. Desid. Cadure., II, 44 (Epist. Mer. et Kar. aevi, 1, p. 208) : « Ut dum nos unam Falerni anforam deposcimus,' vos eminencia vasa, et, ut usitacius dicam, tunnas decem eligantissimi Falerni tanti habuisti dirigere.» Il, 42 (id., p. 209) : « Ceterum ut ad vestra beneficia mentis oculos refleclam. nec si lingua clamet ferrea, ut quidam poeta (Virg., Aen., VI, 625-626) ait, aut centena sonent spiramina, nullatenus potest qui tanta narrare Dei magnslia, quantum ejus in viscera vestra diffunditur gralia, »

dun ({ 649) prète au saint une éducation complète !. Il est instruit dans les lettres «comme c’était autrefois la coutume pour les nobles », etil apprend à fond la grammaire, la dialectique, la rhétorique et les autres sciences. Nous avons souligné le mot aufrefois qu'Ozanam avait omis dans sa traduction ? ; en admettant, comme lui, que le biographe soit contemporain du saint %, et que ce dernier ait possédé véritablement la science qui lui était attribuée, on voit que son témoignage ne pourrait être invoqué pour appuyer la thèse d'une éducation répandue au vu siècle. Mais, selon toute vraisemblance, cette vie n'a pas été écrite avant le x° ou le xif siècle ‘. En la datant du xi° siècle, on explique facilement le mot olim rappelant la prospérité des écoles d'arts libéraux sous Charlemagne. En tout cas, cette vie n'a pas, pour la question qui nous occupe, l'importance générale qui lui a été attribuée. La culture de Paul de Verdun ne dépassait certainement pas celle qu'avait, au vi siècle, Grégoire de Tours; de plus, son éducation n'est pas une garantie que les lettres furent généralement enseignées alors aux jeunes nobles.

Pour compléter la société lettrée, il faudrait grouper autour de lui les saints qui, d'après leurs biographes, avaient étudié les arts libéraux.

Attala de Bobbio (+ 627) *, saint Germain, abbé de Granval au diocèse de Bâle (+ en 667), avaient étudié les lettres libérales 6.

Les vies de saint Didier de Cahors et de saint Bond sont plus explicites. Saint Didier (+ 654) avait étudié non seulement les

4. Vita, 1 (Mabillon, Acta SS., I, p. 268) : « Liberalium Studiis litterarum (sicut olim moris erat nobilibus) traditur imbuendus : quarum usu ct studio ita brevi succreverat, ut non eum Grammaticae, seu Dialecticae vel etiam Rhetoricae, ceterarumque disciplinarum fugerent ingenia. »

2. La civilisation chrétienne chez les Francs, p. #80. Il conserve olim dans le texte, p. 481, note.

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