‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 386 sur 404 · Reg. canon., 82 (M. 89, col · texte numérisé non relu

Reg. canon., 82 (M. 89, col

430 LES LETTRES CLASSIQUES EN GAULE AU VIl® ET AU Vll® SIÈCLE

n’est qu'avec des Anglo-Saxons qu'il s'entretient ainsi. Pendant la plus grande partie de sa mission, il n'a guère pour collaborateurs que ses compatriotes. Lull, Wunnibald, Willibald, Wietbert, Burchard,

Wittan, les abbesses Lioba, Walburga, etc., sont nés et ont été instruits en Angleterre. Dans ce mouvement, Sturm, le fondateur de Fulda, est presque isolé. Nous ignorons si, dans les monastères dirigés par les amis ou les disciples de Boniface, les études étaient cultivées. Saint Sturm, confié par Boniface à W'ietbert, abbé de Fritzlar, apprend les Psaumes par cœur, et il étudie les Écritures !; mais son biographe ne nous dit pas s'ils y prépara, comme l’avaient fait Boniface ou Bède, en étudiant la grammaire *. Chrodegang qui veut qu on instruise les enfants 3, parle surtout de l'instruction religieuse, capable de mettre un frein au péché: il recommande de bien articuler dans le chant *, mais il ne fait aucune allusion aux arts libéraux. Nous manquons de documents pouvant nous renseigner sur l'éducation que recevaient les enfants à cette époque. On ne sait rien sur l'éducation de Charlemagne. Einhart

4. Vila aucl. Eïigile, 2 (Pertz, Script., I, p. 366) : « Psalmis tenaci memoriae traditis, lectionibusque quam plurimis perennicommemoratione firmatis, sacram coepit Christi puer scripturam spirituali intelligere sensu, quatuor evangeliorum Christi mysteria studiosissime curavit addiscere, norum quoque ac vetus testamentum, in quantum sufficiebat, lectionis assiduitate in cordis sui thesaurum recondere curavit, » ;

2. Charlemagne reprochera plus tard à un archevêque lettré, disciple de Boniface, de ne pas instruire tous ses clercs {Epist. Kar. aevi, If, p. 532). Jaffé (Monum. carol,, p. 369} suppose que cet archevéque était Lull. Si cette hYpothèse est exacte, nous aurions l'exemple d'un Anglo-Saxon, ayant étudié les lettres, et laissant une partie de son clergé dans l'ignorance {in suae caerilalis caliqine).

3. Reg. canon., #8 (M. 89, col, 1078; : « Solerter rectores Ecçlesiarum vigilare oportet ut pucri et adolescentes, qui in congregatione sibi commissa nutriuntur vel erudiuntur, ila Jugibus ecclesiasticis disciplinis constringantur ut eorum. lasciva aetas, et ad peccandum valde proclivis, nullum possit reperire locum quo in peccati facinus proruat. Quapropter in hujuscemodi custodiendis, et spiritaliter erudiendis, talis a praclatis constituendus est vitae probabilis frater, qui corum curam summia gerat industria, eosque ita arctissime constringat, qualiter, ecclesiasticis doctrinis imbuti, et armis spiritalibus induti, et Ecclesiae utilitatibus decenter parere, et ad gradus ecclesiasticos quandoque digne possint promoveri, » En outre, ils sont confiés à un vieillard qui les garde ‘id.): « Oportet ut probalissimo seniori pueriad eustodiendum, licet ab

alio erudiantur, deputentur, »

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