‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 395 sur 404 · M. 101, col · texte numérisé non relu

M. 101, col

4. In Eccl., 1, 18 (M. 100, col. 675), id., IT, #-1# (col. 676).

connaissance de l'Écriture, comme il apparaît dans d'autres ! ? Estce le savoir opposé à l'impéritie?? C'est à la fois cela et autre chose. Sapientia, dont le mot vague sagesse est, justement à cause de son imprécision, la meilleure traduction, c'est l'état moral et intellectuel, auquel l'homme, le chrétien, est amené par l'ardeur de la foi, le sentiment de ses devoirs religieux, la pratique des vertus et la méditation éclairée de l'Écriture : « La vraie sagesse est celle qui conduit à la vie éternelle », dit Alcuin3, et, comme tous ses contemporains, 1l la rapporte à Dieu. L’æœil fixé sur l’objet unique de toute étude, sur le terme de tout effort, il ne Les considère pas dans leur origine, mais dans leurs résultats. A quoi bon, dès lors, établir une distinction entre les éléments qui concourent à la sagesse. La vertu est la sagesse, la connaissance de l'Écriture est la sagesse, en tant qu'elle y participe et ÿ conduit le chrétien. [ny a qu'une sagesse, c'est l'ensemble des moyens qui assurent le salut.

Mais que devient la science? La science sera, elle aussi, un aspect de la sagesse, quand elle contribuera à découvrir la pensée de Dieu aux hommes jugés dignes de cette révélation. Chez eux seuls, les efforts produisent des fruits sains, chez eux seuls la vertu est sagesse, la science est sagesse, l'étude de l'Écriture est sagesse. Chez les autres, toute activité est vaine ; c'est ainsi que les travaut des philosophes ont été inutiles, et que les hérétiques se sont en vain efforcés de comprendre le sens de l’Écriturei.

Alcuin ne prête pas un sens très différent au mot philosophie*. Il en donne plusieurs définitions : d'abord celle-ci, d'une saveur antique : « La philosophie 6 est l’institutrice de toutes les vertus; elle seule, entre toutes les richesses d'ici-bas, n'abandonne jamais, dans le malheur, celui qui la possède. » Il explique mieux sa pensée ? dans un passage assez important pour être intégralement

cité :

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