Dom Besse, op. cit., p
3. Cassien, Coll. 14, 1 : « Duplex scientia est : prima zo2x7ur, id est actualis, quæ emendatione morum et vitiorum purgatione perficitur : altera fewortixt, quæ in contemplatione divinarum rerum et sacralissimorum sensuum cognitione consistit ».
+. Marc-Aurèle, p. 240.
d'ici-bas a pour l’histoire une tout autre portée : car c'est en -orientant tout son être vers le salut'éternel, en combattant en lui l'amour de soi, les passions, la chair, le sentiment de la patrie et de la famille, en le poussant à s'évader de la prison terrestre, que le monachisme réussit à ruiner dans le chrétien du 1v° siècle la confiance dans la civilisation romaine. C’est par là que le Chrétien enfermé dans le cloître différait du chrétien demeuré dans le siècle. [ls n'étaient pas séparés seulement par la pauvreté, la chasteté et l’obéissance, comme le dit Ozanam, mais par la conception de la vie, vie collective et vie individuelle. Le monastère a été vraiment l'officine où la société antique s'est dégagée du paganisme qui la pénétrait. La retraite et la vie contemplative arrachèrent les âmes aux influences conservatrices du milieu paien. La règle, en fixant le détail des occupations et du régime, substitua aux habitudes individuelles une habitude commune et rompit les attaches que le contact du monde resserre et que l’individu réduit à ses propres forces est incapable de briser. Dans le monastère se forma non seulement le sentiment religieux moderne, non seulement, au fur et à mesure des progrès de l'Église, une théologie, mais une partie des principes régissant la vie et la société.
Or, quand les Carolingiens assumèrent la charge d'instruire et de civiliser le monde issu des invasions, c’est à des maîtres formés dans les cloîtres qu’ils en confièrent le soin.
On comprend maintenant quelle importance avait pour l'éducation un mouvement qui transformait ainsi les mœurs et les idées. L'État romain avait marqué de son empreinte l'enseignement des lettres classiques. Qu'adviendra-t-il des arts libéraux dans le monastère qui prétend effacer tout vestige de l’antiquité païenne ? Cette question, nous y répondrons plus loin!. Pour le moment, il nous suffit d’avoir réuni en un même tableau les deux faits que la deuxième moitié du 1v° siècle a rapprochés : le succès de la culture classique, partie intégrante de la civilisation romaine, dans les écoles publiques de la Gaule, et l'éclosion d’une vie nouvelle, hostile à la vie romaine, dans le monastère.
Logiquement c'est ici que nous devrions étudier ce que devinrent les lettres, dans la réformeentreprise par le christianisme triomphant;