CHAPITRE II
L'Enseignement des lettres classiques en Gaule au V*siècle.
A la fin du 1v° siècle, nous avons laissé les écoles publiques florissantes, et nous avons vu l'aristocratie gauloise demander à la culture classique l'éducation qui donnait accès aux honneurs, et communiquait la substance de la civilisation gréco-latine. Avec le siècle suivant, commence une èrenouvelle dans l'histoire des lettres, comme dans l'histoire politique de la Gaule. Nous assistons d’abord au lent travail qui aboutit à l'élimination de la puissance romaine, puis à l'établissement de la domination franque. Dans ce chapitre et dans le suivant, nous nous proposons d'examiner quelle fut la destinée des écoles publiques et de l’enseignement des lettres classiques au cours de cette période, et de rechercher spécialement si, comme l'ont prétendu plusieurs écrivains et, en particulier, Ozanam !, les écoles romaines subsistèrent en Gaule jusqu’à la fin du vi siècle.
Dans cet exposé, nous distinguerons deux époques, qui correspondent : l'une à la constitution des royaumes barbares, l'autre à l'occupation de la Gaule par les Francs et au gouvernement des Mérovingiens. Si, pour plus de clarté, nous voulons représenter par des noms propres ces deux étapes, distinctes dans l'histoire de la culture classique, nous attacherons à la première le nom de Sidoine Apollinaire, à la seconde le nom de Grégoire de Tours.
À partir du v‘ siècle, les documents relatifs aux écoles publiques se réduisent à des allusions très rares et très vagues ; ceux qui ont trait à l'enseignement des lettres profanes sont plus nombreux, mais ils sont encore insullisants par eux-mêmes. Il ne s'agit plus