L'invasion germanique, passim ; Yoir notamment p
4. La monarchie franque, p. 650 : « Le gouvernement mérovingien est, pour plus des trois quarts, la continuation de celui que l’empire romain avait donné
à la Gaule. »
plusieurs siècles, et dans l'Occident entier. Nous étudions son histoire à un moment et dans un pays déterminés. Par suite, ce qui nous préoccupe dans les faits historiques, ce ne sont pas les conséquences lointaines qu’ils n'ont pas empêchées, parce que, dans la suite, d'autres influences ont prévalu, mais les conséquences immédiates qu'ils ont eues sur les institutions. De menus actes que le philosophe rejette, parce qu'ils n'ont pas concouru au résultat final, conservent pour nous leur importance et leur signification.
C'est donc d’un point de vue volontairement limité que nous considérons les invasions ; nous cherchons à déterminer quelle part elles ont eue dans la crise traversée par l'étude des lettres du v° au vin siècle, De 1à dépend, en partie, l'importance que nous devrons attribuer au concours étranger qui, à partir de cette époque, aida à la renaissance de la culture classique.
Il est incontestable que les Wisigoths, les Burgondes, les Francs se sont donnés pour des alliés de Rome. Eux-mêmes l'ont dit et répété !. Athaulf, au dire d'Orose ?, prétendait « employer les forces des Goths à la défense de la république romaine ». Plus tard, après la chute de l'empire d'Occident, le roi burgonde Sigismond écrira à l'empereur d'Orient Anastase dans des termes analogues 3. L'historien retient avant tout ces déclarations et ilen tire des conclusions pour l'avenir; nous, enfermé dans le présent, nous remarquerons surtout que ces déclarations ont, en général, suivi des actes d'hostilité, dont elles prouvent la fréquence. L’historien établit qu'il y a eu un contrat entre les Romains et les Barbares; nous remarquerons surtout que les empereurs sont plusieurs fois intervenus par la force pour en faire observer les termes *, que, plus souvent encore, ils ont dû se résigner à en modifier les clauses et souscrire à de nouvelles usurpations. Nous constatons que l'empereur Sévère a cédé spontanément l'Aquitaine à Athaulph, la Narbonnaise à Théodoric, l'Auvergne à Euric, mais après que ces princes sen étaient rendus maîtres; dès lors, l'établissement de ces alliés de Rome en Gaule nous apparaît comme ayant dû avoir
1. Pour les Wisigoths, voir Fustel de Coulanges, L'invasion germanique, p. #32.
2. Hist, ado. pag., VII, 43. M. Bayet qui cite ce passage (Lavisse, Hist. de France, I], 1, p. 71) fait justement remarquer que « les actes ne répondaient Point aux paroles » des Barbares. °