‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 48 sur 404 · La lettre est écrite par saint Avit (Epist · texte numérisé non relu

La lettre est écrite par saint Avit (Epist

#. Fustel de Coulanges, id.

immédiatement d'autres conséquences qu'un accroissement de population. Voilà une première constatation générale,

Si nous passons aux détails, nous trouvons à chaque pas les preuves du désordre. Les textes relatent continuellement les guerres, les sièges, le pillage. Les Wisigoths luttent tantôt dans les rangs des Romains et tantôt contre eux!; ils interviennent dans les rivalités impériales, ils font même des empereurs. Sous le couvert de la soumission à l'empire, c'est un chaos d'intrigues, où la force, mal contenue par une législation chancelante, met aux prises les appétits brutaux et les rivalités des Barbares, l'ambition des nobles gallo-romains, l'égoisme des villes et des particuliers ?.

Nous n'avons jusqu à présent parlé que des Wisigoths. Ils nous intéressent particulièrement, et parce que nous connaissons mieux leur histoire, et surtout parce que les grands centres littéraires du ive siècle se trouvaient sur le territoire occupé par eux. Ce que nous savons de l'histoire des Burgondes nous révèle chez eux, comme chez les Wisigoths, une suite d'intrigues, de luttes et d'empiétements ne les empêchant pas de se dire les fidèles sujets de l'empire *, mais entretenant le pays qu'ils occupent dans un état d'agitation continuelle. Le fait que les Gallo-Romains

4. Voir Fustel de Coulanges, L'invasion germanique, p. 401 et s.

2. Unfait raconté par Paulin de Pella (Euchar., v. 328 et suiv.) nous donne un exemple de ces complications. Chassé de Bordeaux, Paulin se réfugie à Bazas. Tandis que sa vie est menacée par un soulèvement d'esclaves, il y est assiégé par les Goths et les Alains qui ne sont pas les ennemis de l'empire. Mais lui, simple particulier, el ayant à sauvegarder ses intérèts privés, conclut la paix avec les Alains ; il les introduit dans Bazas et les oppose aux Goths qui sont contraints de se retirer. Ampère qui a noté cette aventure (list. lit. II, p. 159) dit justement : « Rien ne peint mieux le degré d'abandon où le pouvoir laissait le pays que ce récit sans art, dans lequel on voit un empereur dont la faveur n'est bonne qu'à compromettre, et un particulier qui traite avec l'ennemi, qui détache du corps de l'armée d’invasion une partie de ses forces, et fait d'une nation barbare une nation alliée; le tout sans qu'aucune autorité publique intervienne. » — Nous ne parlons pas des querelles religieuses qui auraient été un nouvel élément de désordres. Il est aujourd'hui prouvé qu'en persécutant les catholiques en #7# (Sidoine, Epist. VII, 6), Euric ne poursuivait pas les adversaires de l'arianisme, mais les évèques défenseurs de l'iufluence romaine, Cf. Yver, Euric, roi des Wisigoths (Études d'hist. du M. A. dédiées à M. Monod), p. #3.

3. Fustel de Coulanges, L'invasion germanique, p. 446, 457 etc... "— C'est ainsi que les Burgondes luttent contre Rome en #36, se mêlent aux rivalités des empereurs (Fustel, p. 457), portent Glycerius au trône en 475, etc... Voir aussi Binding, Das burg.-roman. Kænigreich, 1, p. #8, 61.

demeurés fidèles à l'empire rencontrent parfuis en eux des alliés contre les Wisigoths, ne doit pas nous tromper; il prouve seulement qu'à certains moments, les Burgondes et les Gallo-Romains ont eu intérêt à s'unir contre un ennemi commun. Quant aux Francs, s'il est difficile d'établir quel rôle ils ont, jusqu’en 480, joué en Gaule, cela importe peu. On ne pourrait soutenir sérieusement qu'ils aient maintenu ou restauré les écoles romaines dans la région qu'ils occupaient. Mais, si nous n'apercevons pas quelle a été, chez eux, leur action, nous voyons qu'ils n'ont pas attendu la fin du v* siècle pour prendre part aux luttes qui troublaient le reste de la Gaule.

À ces causes de désordre permanentes, dues à l'établissement des Barbares, il faut en ajouter d'accidentelles : c'est, en 451, l'invasion d'Attila, en 458 la tentative de la noblesse gauloise pour élever Marcellianus à l'empire, tentative qui se termine par le siège de Lyon®. 1l suffit de lire les écrits du temps, notamment les panégyriques de Sidoine Apollinaire, pour grossir cette liste, et comprendre sous quels assauts la puissance romaine disparut en Gaule. Le v° siècle, on le voit, ne présente pas des périodes de trouble laissant, après l'orage, un temps d'accalmie. C’est une suite presque ininterrompue de secousses qui préparent peu à peu la ruine de l'édifice.

Au point de vue matériel et dans le détail de la vie, cette situation eut des résultats que les contemporains ont notés. Il ne faudrait pas que le style déclamatoire, dans lequel ils ont déploré les malheurs du temps, enlevät toute autorité à leur témoignage. L'auteur du poème Si domini templum... longtemps attribué à Claudius Marius Victor“, celui du Carmen de Providentia à, saint Orient6é, Rutilius Namatianus ?, ont surtout parlé de l'invasion

Page 1