Avit, Epist. 93 et
Wisigothorum et Lex romana Burqçundionum est évidemment en grande partie l'œuvre de juristes romains. Peut-être, tout au moins chez les Burgondes, y.avait-il un plan arrêté de romanisation, et ce mouvement, en amenant l'attention sur les besoins d’un état stable, eût-il abouti à une restauration d'ensemble où les écoles auraient trouvé leur place. Mais la question ne se posa pas : la conquête franque commença et emporta pour longtemps l'espoir d'une renaissance.
Ïl nous reste à examiner si nous ne trouvons pas, dans les tendances de l'aristocratie gallo-romaine au v° siècle, un motifde préjugerla conservation des écoles. Pour la période qui nous occupe, c'està-dire pour la crise qui suit l'établissement des Barbares, nous avons un témoin fidèle dans Sidoine Apollinaire, dont le nom reparaîtra à toutes les pages de ce chapitre.
Sidoine naît à Lyon en 430, à l'époque où cette ville est encore foncièrement romaine, et 1l meurt vers 484, sujet d'un roi wisigoth. Son œuvre est un tableau saisissant des aspirations et des aventures de la noblesse gallo-romaine au v° siècle. Nulle part on n'aperçoit mieux les espérances, les regrets, les hésitations de cette caste, partagée entre Rome et les Barbares, entre la tradition et l'avenir, que dans la vie et les confidences de ce grand seigneur, que sa noblesse et ses talents placèrent au premier rang, et qui occupa toutes les charges publiques, y compris l'épiscopat. En réunissant les traits épars dans [a correspondance et dans les poèmes de Sidoine, on obtient des aspects divers qui reproduisent l'existence incertaine de l'époque.
C'est d’abord la fidélité au vieil idéal de l'aristocratie galloromaine. La noblesse se considère comme tenue de servir l'empereur et de briguer les charges publiques. Tonantius Ferreolus!, Valerianus Polemius®, Consentius de Narbonneë, Eutropius ‘