Epist. VIT
5. Id, IX, 3:4« dictandi...tropologicum genus ac figuratum limatisque plurifariam verbis eminentissimum. »
rencontrer de résistance; point d'obstacle qui l'arrête, tant les Jointures sont bien unies. En un mot, il n'est pas d'orateur vivant aujourd hui que ton art ne puisse surpasser et vaincre sans peine !. »
Telle était la théorie du beau style; telles étaient les qualités qu'il fallait réunir quand on voulait se distinguer du vulgaire et ne pas se contenter, pour l'expression de sa pensée, de la langue simple, rustique ?. 11 semblait que la forme seule eût quelque valeur ; et le rôle de l'étude était de faciliter la transpositition des idées les plus ordinaires dans une langue amphigourique où les souvenirs classiques abondaient, et qui cependant ne ressemblait en rien à celle des auteurs antiques #. Nous le constaterons, la création de cette langue fleurie, de cette langue d'apparat, devenue l'objet principal de la rhétorique, ne fut pas étrangère aux préventions que souleva, chez beaucoup, l'étude des arts libéraux.
On voit donc ce que Sidoine et ses contemporains ont demandé aux lettres classiques et surtout le bénélice qu'ils en ont retiré. En orientant toutes leurs études vers la recherche de ]la forme, en négligeant ce qui sert à la formation du jugement, ils se sont condamnés à une culture incomplète ; le résultat même auquel ils sont arrivés, l'aspect à la fois prétentieux et barbare de leur style prouve combien ils ont mal dirigé leurs efforts, combien leur éducation était incomplète et maladroite. Il ne faut donc pas nous laisser prendre à l’amour qu'ils affectent pour les maîtres de la littérature, ou pour les grands philosophes. Les hommes du v° siècle ont plus parlé de Virgile et de Térence quils ne les ont lus. Et pour la philosophie, il suffit de se rappeler ce que Sidoine en dit, avec quel soin ilse tient dans les généralités, pour supposer, sans injustice, qu'à très peu d'exceptions près, ses correspondants ne l'ont pas réellement étudiée. Elle a été pour eux moins un objet d'étude qu'un prétexte à flänerie.
La société cultivée est composée de l'aristocratie qui, au début par imtérèt, ensuite par tradition, a conservé l'habitude des lettres.