Epist. IX, 7 (trad. Baret
2. Sidoine, Epist. VII, 2; IX, 3. — Cf. Verus, Vie d'Eutrope d'Orange écrite vers 499 (Molinier, Sources, I, n° 1#7j:4« eloquii rusticitate disciplicentia sed rerum veritate sine dubio placitura. » Bulletin du Comité historique, À, p. 53 (Prologue). — Cf. encore une lettre de Sidoine {VIIT, 16) où il excuse le style rustique de son dernier recueil : « sicut istic nil acre, nil eloquens, ita nihil inditum, non absolutum, non ab exemplo. »
3. Voir, par exemple, dans celui des écrivains qui a peut-être échappé le
Dans la première partie du siècle, l'effort est encore assez grand pour donner des résultats ; mais, à mesure qu'on avance, il devient plus rare. Quand les honneurs disparaissent, l'instruction reste encore un moyen de se distinguer. « Puisqu on ne connaît plus les dignités qui servaient à distinguer les hommes, écrivait Sidoine, la seule preuve de noblesse sera de connaître les lettres !. » Et de fait, la classe lettrée éprouve une véritable jouissance à parler autrement que le vulgaire. Mais cet avantage ne garantit par l'instruction contre la barbarie grandissante ni contre la paresse; et d'ailleurs, de moins en moins il sera nécessaire d'avoir approfondiles lettres pour se distinguer. Le cercle des gens instruits se rétrécit. Épars dans la Gaule, ils font de la littérature, de la philosophie et de l'astronomie par manière de passe-temps.
Ils se piquent de lire et de composer des vers; ils écrivent des déclamations, ils cherchent les applaudissements de leurs amis dans des recitationes ?; ils jouent aux poètes comme ils jouent aux philosophes, et, toute leur vie, s'amusent à des exercices d'écoles 3. Par des éloges excessifs qui trouvent toujours un écho, ils se donnent l'illusion de maintenir l'éclat des lettres. Ils prennent les allures d'une société polie, on dirait même d’une société précieuse, si ce mot ne désignait un excès de délicatesse que le v° siècle n'a pas connu. Mais tout cela n'est que décor. Prêtons l'oreille à d'autres confidences ; à côté de ces louanges mutuelles, nous entendrons des jugements moins favorables sur le siècle, nous verrons des écrivains déplorer l'ignorance de leurs contemporains et avouer franchement qu'ils ne font rien pour arrêter la décadence des lettres.
Sidoine, lui-même, l'historiographe de la société lettrée au
mieux à ce défaut, dans saint Avit, l'homélie VE (éd. Peiper, p. 112) « Ecclesia est navis quae nos per varios casus(Virg., Aen., Ï, 204) velut inter marinos gurgites ducit. Aures quidem nostras obtrectationibus et blasphemiarum stridore quasi laxata lalerum compage {Virg., Aen.,1, 122) revecberat., .», Saint Avit a le grand mérite d'être clair, même en prose: — Voir la lettre de saint Rémi à Clovis sur la mort de sa sœur Arboflède (Æpist. Mer. et Kar. aevi, 1, p. 112). Cf. la liste des allitérations dans l'Index de Sidoine, p. 452, celle des jeux de mots dans l'Index de Sidoine, p. 467, et dans l'Index de saint Avit, p. 338.