‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 81 sur 404 · La civilisalion au V* siècle, 1, p. 238 et p · texte numérisé non relu

La civilisalion au V* siècle, 1, p. 238 et p

3. Jullian, Histoire de Bordeaux, p. 72 : « Enfin l’école de Bordeaux tient toujours son rang, à la faveur de ces maitres barbares. Les rois la protègent; eux-mêmes s'essaient à aimer Virgile et à écouter des harangues. » Fauriel, list, de la Gaule méridionale, X, p. #16 : « Les écoles de l'une et de l’autre (grammaire et rhétorique) étaient encore alors nombreuses, et quelquesunes encore florissantes en Gaule. Il y en avait dans toutes les grandes villes du Midi. Il est fait expressément mention de celles de Vienne, de Lyon, de Bordeaux, de Toulouse, de Clermont, de Marseille, et l'on ne peut douter qu'il n'v en eût aussi dans bien d’autres villes moins considérables, qui n'avaient pas autant de chances de faire parler d'elles. » Ébert, [, p. 382 : « Dans cette première époque de notre période, laquelle s'étend jusqu'à l'an 530 environ, les antiques écoles traditionnelles subsistaient toujours. »

4. Vür. ul, 61. Schenkl (Corp. ecel. lat., 16, p. 349) suppose qu'il ne vécut pas longtemps après +25.

5. D’après l'Aist. lité. (1, p. 2#5) : « Victor enseignait la rhétorique dans cette ville (Marseille) entre le- commencement et le milieu du v® siècle. »

LES ÉCOLES PUBLIQUES S3 la préface d'un poème Commentarit in (Genesim qui lui est attribué !. Les vers :

Dum teneros firmare animos et corda paramus Ad verae virtutis iter puerilibus annis ?..

seraient à leurplace en tête de n'importe quel poème didactique destiné à des jeunes gens, mieux encore, si l'auteur du poème est bien le Victorius dont parle Gennade et qui avait écrit pour son fils ; ces vers n'ont donc pas été nécessairement composés par un professeur #. On ne peut guère invoquer, en faveur de l'opinion qui fait de Claudius Marius Victor l'un des maîtres de Marseille, que son titre de rhetor. En tout cas, rien ne dit qu'il ait enseigné dans l'école publique de la cité, et la date de sa mort indique que son enseignement ne dépassa pas la première moitié du siècle. C'est à Marseille aussi que, d'après certains historiens, Prosper d'Aquitaine aurait étudié les arts libéraux. Mais c'est une hypothèse qui ne repose sur aucun document. Notons d'ailleurs qu'à l'époque où Prosper d'Aquitaine apprenait la grammaire et la versification, c'est-à-dire entre 410 et 420, des écoles publiques devaient exister encore dans plusieurs villes de la Gaule.

À Arles, à la fin du v° siècle, enseignait ou du moins vivait l'Africain Pomère #, C'était un dialecticien et un rhéteur de profession ÿ, que « sa connaissance de la grammaire rendait singularem et clarum 6 ». Ennode ? et Ruricius 8, qui étaient en correspondance avec lui, le tenaient en haute estime; mais les questions que lui pose Ennode, le sujet dont Ruricius l'entretient dans ses lettres, prouvent qu'il s'occupait surtout, au moins à l'époque qui nous intéresse, d'interpréter l'Écriture. Rien ne dit qu’il ait enseigné publiquement la rhétorique et la grammaire. On a souvent fait de Pomère le maître de saint Césaire (+ 543); il est plus exact de dire quil eût été son maître, si le saint avait consenti à étudier les lettres profanes. Son biographe dit expressément que Firminus

. Ébert, I, p. 392.

. Praef., v. 107 (éd. Schenkl, Corp. eccl. lat., 16, p. +39).

. Ebert, I, p. 393.

. Voir Malnory, Saint Césaire, p. 16.

. Gennade, Vir. ill., 98.

. Vie de saint Césaire, 1, 9 (Krusch, Script. rer., Mer., III, p. 460), . Epist. II, 6 (éd. Vogel, 39, p. 37).

+ Epist, 1, 17 (Krusch, p. 309), et IF, 10 {p.318\.

2 1 OT de C0 NY =

Hi + - à — At

et Grégoria l'avaient exhorté à apprendre les arts libéraux, mais

que Césaire, averti par un songe, ne suivit pas leur conseil !,

À Vienne, cest Sapaudus qui, au v° siècle, représente la rhétorique *. Si l'on en croit Sidoine * et Claudien Mamert, c'était l'auteur parfait, réunissant toutes les qualités des anciens et modernes: sans lui, dit Mamert, les lettres auraient disparu’. Il enseignait, c'est ce qui ressort de la lettre de Mamert. D'une comparaison longue et prétentieuse nous pouvons même conclure que Sapaudus avait de nombreux élèvesf., Mais enscignait-il publiquement? Rien ne nous le dit, et nous ne croyons pas qu'on puisse interpréter aussi largement le passage où Mamert rappelle à Sapaudus qu'il fut « le citoyen et le maître de Vienne’ ».

Fauriel#, s appuyant sur un passage de Sidoine”, a cru que Léon, le ministre d'Euric, avait enseigné le droit à Narbonne; Sidoine dit en effet qu'il commentait la loi des Douze Tables. Rien n'autorise à penser que Léon ait enseigné publiquement: son exemple ne prouve pas le maintien de l'ancienne école romaine de Narbonne. Si l’on peut tirer une conclusion des trois vers de Sidoine, c’est plutôt que Léon faisait métier de jurisconsulte, de praticien (pragmaticus), qu'il donnait des consultations, ou traitait avec ses amis des questions concernant le droit, comme Mamert traitait devant eux des sujets de philosophie.

Nous arrivons à Lyon. On a conservé les noms des maitres lyon-

nais : Hoenus!! (ou Ennius), Eusèbe!!, Viventiolus !*. Les deux pre-

miers avaient eu Sidoine pour élève; Hoenus enseignait la grammaire, spécialement la versification; Eusèbe, la philosophie et la

1. Vie de saint Césaire, 1, 8-9 (Krusch, op. cil., IIT, p. #60).

2, D'après l'Histoire liltéraire, WE, p. 498, il enseigna après le milicu du siècle, et vécut Jusqu'en 474.

3, Epist. V, 10.

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