‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 83 sur 404 · Epist. VIII · texte numérisé non relu

Epist. VIII

L'hésitation sur le terme qu'il convenait d'employer indique, à notre sens, que l’enseignement donné par Jean n'avait pas un caractère défini. On s’inspirait de son exemple plutôt qu'on ne recevait ses leçons. Il avait des disciples plutôt que des élèves. En tout cas, 1l ne saurait être question de s'appuyer sur la lettre de Sidoine pour édifier des écoles publiques dans le Languedoc et dans les Aquitaines.

Nous avons réservé pour la fin le nom de Lampride. Sidoine Apollinaire, qui a célébré en lui l’un des plus grands poètes et des plus grands orateurs du temps, le représente comme déclamant en grec et en latin :

Coram discipulis Burdigalensibus !.

On a conclu de ce vers qu'il enseignait la rhétorique, et nous n'y contredirons pas ; nous noterons seulement que Sidoine n'a pas fait d'autre allusion à son enseignement, et que, dans la lettre qu'il écrivait à Lupus après la mort de Lampride, et qui est comme son oraison funèbre, atténuée par quelques critiques, il a vanté longuement l'homme de lettres sans faire la moindre mention du professeur ?. En tout cas, s'il est légitime de reconstituer sur le nom de Lampride un enseignement de la rhétorique à Bordeaux, il l’est moins, crovons-nous, de trouver, dans les quelques mots cités plus haut, la preuve que l'école de Bordeaux subsista, sous les Wisigoths, jusqu'à la mort de Lampride à.

Les indications fournies par ces documents ‘ se réduisent, on le voit, à quelques noms rencontrés déjà pour la plupart dans la galerie des orateurs et des poètes célèbres de l'époque. Aucun texte n'établit que ceux d'entre ces hommes qui ont enseigné, aient professé dans des écoles publiques ; au contraire, les seuls renseignements précis que l'on ait *, indiquent un enseignement donné dans

. Sid., Epist. IX, 13.

. Epist. VIT, 11.

En #75 (Jullian, /lisloire de Bordeaux, p.732); #79 (Hist. lité, t. II, p. #95). Nous avons laissé de côté des textes comme celui qui est fourni par la Vie de saint Loup de Troyes (+ après 479), 1. Le saint fut « scolis traditus, rethoricis imbutus studiis » {Krusch, Script. rer. Merov., NI, p. 120). Cette vie est ancienne, et on peut en faire état. Cf. Duchesne, Bulletin critique, 1897, p. #18, et 1899, p. 681. Mais l'expression scolis tradilus est bien vague et semble une formule toute faite.

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