‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 85 sur 404 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

L'enseignement des lettres en Gaule au VIe siècle.

Au v° siècle, nous avons assisté à la désorganisation de l'enseignement classique, le vi® va nous offrir le spectacle de sa ruine.

Pour nous, cette période ne fait qu’accentuer un état ancien datant déjà du v* siècle, et nous n'v insisterions pas, si plusieurs historiens n'étaient arrivés à d'autres conclusions. Nous nous heurtons ici aux théories que nous avons déjà rencontrées dans le précédent chapitre. Ceux qui ont prolongé l’existence des écoles d'arts hibéraux au v* siècle ont cru généralement en retrouver la trace au vi‘, puis au vu et au vin siècle, atteignant ainsi l'époque où les lettres classiques étaient enseignées dans les écoles monastiques. Les uns souhaitaient d'étendre aux écoles ce qui était vrai des institutions politiques, et de constater la persistance de l’organisation romaine dans les royaumes barbares, puis dans la Gaule mérovingienne et carolingienne. D’autres ont voulu prouver que l'Église avait immédiatement recueilli l’enseignement des arts libéraux, quand il fut abandonné par l'empire. Quelques-uns enfin ont substitué l'éloquence émue à l'argumentation, et ont repoussé des conclusions qui les attristaient. Nous verrons, au cours de ce chapitre et du suivant, qu'il leur est arrivé parfois d'utiliser des documents de valeur douteuse, de généraliser des faits isolés, et de forcer le sens des textes. ;

Nous sommes donc obligés de reprendre la question en détail et d'examiner de près un grand nombre de documents qui, par euxmêmes, offrent peu d'intérêt.

Dès la fin du v° siècle, on avait vu les eflets de la disparition des écoles. Déjà, nous l'avons remarqué, les contemporains de Sidoine constataient le progrès de l'ignorance, et saint Avit reconnaissait que peu de gens étaient capables de comprendre des vers,

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