‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 86 sur 404 · Carm. 6, De virginitate, prol · texte numérisé non relu

Carm. 6, De virginitate, prol

Avec cette génération disparurent les derniers représentants de la culture classique en Gaule!, et le vi siècle ouvrit, pour les lettres, une ère de ténèbres qui se prolongea jusque dans la deuxième partie du vi siècle.

Moins de cent ans après la mort de Sidoine ?, Grégoire de Tours s'écriait: « La culture des lettres libérales décline ou plutôt périt dans les villes de la Gaule, le bien et le mal s’y commet{ent également, la férocité des peuples s'y déchaîne, la fureur des princes s'exaspère...» Ce n'était pas là une opinion personnelle ; Grégoire nous dit expressément qu'il traduit le sentiment commun. « On ne saurait trouver un seul homme instruit dans la dialectique ou dans la grammaire capable de retracer ces faits en prose ou en vers: la plupart en gémissaient souvent et disaient : « Malheur à notre temps, car l'étude des lettres a péri parmi nous, et l'on ne trouverait personne capable de consigner par écrit les événements actuels à .»

Quand on se rappelle l’histoire de cette époque, on n'est pas tenté d'accuser Grégoire d'exagération. Les faits sont clairs : ils parlent d'eux-mêmes, et l'on n'a pas besoin d'en préciser le sens, comme nous l'avons fait pour la période précédente. La conquête des Francs, plus tard les rivalités, puis la faiblesse des rois mérovingiens, le désordre et l'instabilité qui en résultèrent, ne pouvaient qu'accélérer la décadence. Ce n'est pas au milieu des luttes politiques, compliquées au début par les luttes religieuses, que les cités ou les princes pouvaient restaurer les écoles, et ce n'est pas dans les conditions d'existence incertaine où ils se trouvaient, avec la corruption des mœurs que nous révèle (rrégoire de Tours, que les nobles pouvaient songer à réagir contre l'ignorance *.

Avant d'aller plus loin, nous devons indiquer ce que nous entendons par ces mots : l'ignorance du temps. Souvent, en effet, onoppose aux déclarations pessimistes de Grégoire les arguments suivants. L'évèque de Tours, dit-on, prétend que le royaume des Francs était plongé dans l'ignorance. Or, d'une part, il est souvent question

{. Saint Avit meurt vers 518. Ebert ([, p. #19) prolonge sa vie jusqu’en 52; saint Ruricius vers 507, saint Rémi en 532,

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