DIVISIONS DE L’OUVRAGE
Le DESSIN LINÉAIRE est l’art d’imiter les contours des corps et de leurs parties, à l’aide de simples-.traijÆ , et sans le secours des ombres ni des couleurs. Sans doute un' dessin ombré, ou colorié, une 'peinture , par exemple, imite I mieux la nature, et a plus de vie et de mouvenient qu’un simple tracé qui n’offre que l’image des contours. Maisj outre que pour bien peindre ou dessiner , il faut avant tout que les traits soient exactement disposés dans les relations que veut Je sujet, ce qui rend l’étude du dessin linéaire indispensable aux plus grands al tistes ; il est certain que , dans les arts, un dessin au trait suffit touj'ours, quand il est fidèlement exécuté , pour diriger l’artiste et lui permettre de fabriquer toutes les pièces qu’il doit assemljler entre elles. Un maçon , un architecte , un char-
•lO DÉVELOPPKMÜNS
pentier, un ébéniste , un menuisier, un serrui'ier, etc. , ne peut être sûr de bien faire une des pièces de son ai't , s’il ne s’est d’abord rendu compte , par un dessin , qu’on nomme épure, des dimensions de toutes les parties : et quoiqu’il ne soit pas rare que des ouvriers suppléent au dessin par une prande adresse et 'des essais répétés, encore doit -on être assuré qu’un dessin , même grossier, leur aurait .épwgné bien des tâtonnemens et abrégé leur travail, s
Il ne faut donc jamais entreprendre une construction quelconque sans en aA oir dessiné au trait les diverses parties. Tantôt ce dessin est de grandeur natui'ejle ; on le trace su» une aire de plâtre, quand la dimension est trèsétendue , comme le font les charjientiers et les appareilleurs; tantôt on fait le dessin sur une feuille de papier, et même il arrive souvent que , pour en faciliter l’exécution , on en réduit les dimensions à moitié, au tiers, ou au quart, etc. Ces dessins offrent un puissant secours aux ar- . tistespour l’exécution de l’objet qu’ils onten vue. Mais, dans ces cas, les dessins doivent être faits avec soin et en se servant des instnlmens, pour que le* pièces soient fidèlement tracées dans leurs rapports exacts d’assemblages et de dimensions.
Souvent aussi l’artiste ne veut que %e rendre compte d’un elfet, ou bien il a le projet d’expliquer à un autre quelque ajustement , il lu" suffit alors d’un dessin fait à main' levée , peu correct , il est vrai , mais rapidement esquissé et propre à rendre sa pensée -. le dessin , sans le secours des instrumens, lui est donc nécessaire. Il l’est aussi à celui qui veut s'adonner à la peinture ou aux arts qui s’y rattachent ; l’imagination , lé goût , et les autres qualités que ces arts exigent, répugnent à se laisser guider par l’emploi des instrumens; mais qu’on en fasse usage ou qu’on les repousse , il n’est pas moins certain que l’on est puissamment aidé par Fapplication des principes de dessin linéaire. . ' c •
' P^LIMl NAIRES. 1t
Cet ouvrage est divisé* en six sections dont il convient avant tout d’indiquer le but et l’objet.
Dans la première tous les dessins doivent être éxécutes à main levée et pai’ le squl empire de l’imitation. Les élèves y rencontrent d’abord de grandes difficultés ; mais ces embarras disparaissent par l’étude et l’expérience , et surtout lorsqu’ils ont passé aux parties suivantes. ,
Dans la deuxième action on enseigne à tracer toutes Jls mêmes figures en se servant des intrumens de géométrie. Le maître de l’école, bien pénéti’é des méthodes et des opérations qu’on y décrit, ne donne, pour ainsi dire, à ses élèves aucun précepte , mais pratique devant eux les procédés graphiques , ce qui suffit pour leur eu montrer l’application. >
La troisième section traite des projections j on y enseigne les principes du lever des plans , du dessin des machines, des élémens d’architecture, de la maflière de mettre enscnlble les pièces d’un système , d’ assembler les charpentes, etc.
La quatrième section donne les vrais principes du dessin et en montre l’usage. Jusqu’ici , dans les dessins à main levée , les élèves n’ont eu d’autre guide que le coup d’œil j on avait alors surtou t pour but d’exercer en eux cette' faculté naturelle. Maintenant ils auront des principes sûrs pour imiter toutes les formes, et pourront en faire l’application an dessin de la figure, de l’architecture, des objets d’arts , des machines , etc.
La cinquième section donne les principales règles de la perspective , et enseigne à montrer les objets sur toutes leurs faces , comme s’ils étaient présens sous nos yeux.
La sixième est composée d'une*suite de problèmes où le calcul arithmétique est appliqué à divers sujets de géométrie , d’architecture , de menuiserie, etc.
Mous avons lieu de penser que les personnes qui auront bien compris et mis en pratique les figures renfenuées
12 PllEMIKRE SECTION.
ilans cet ouvrage , ^ront propres à pousser plus loin avec succès telle bi-anclio. particulière de l’art du dessin l|u’ils auront choisie ; et du moins que les ouvriers , les artisans, et ceux qui attendent leur exist^jce du travail de leurs mains, ne seront pas arrêtés pour comprendre, exécuter et même eorriger les dessins destinés à représenter les objets relatifs à l’art auquel ils se sont adonnés : car c’est sSrtout à cette classe de la société que nous avons consacre notre ouvrage, qui .d’ailleurs est susceptible de convenir à toutes les autres. '