II. — Considérant en particulier
i° que la connaissance du latin est indispensable pour la complète intelligence de la plus grande partie de notre vocabulaire ; qu'elle nous habitue à parler et à écrire consciemment, avec justesse, propriété et précision dans les termes ; que, par le retour à l'acception étymologique et concrète, elle nous prémunit contre l'abus de l'abstraction vague et incolore ;
2° que notre sy n taxe, autrement dit notre façon de penser elle-même, ne se peut bien expliquer que par une comparaison suivie avec le latin, dans les ressemblances comme dans les différences des deux langues ; que la lecture rai sonnée de la période, nous apprenant à classer et à enchaîner nos idées, sert à combattre notre tendance actuelle au discours coupé et incohérent ;
3° que le Thème semble l'exercice le plus complet d'explication française, parce qu'il nous force sous les mots à ne rechercher que la pensée elle-même à traduire ;
4° qu'enfin la Version demeurera toujours une école incomparable de logique non moins que d'art du style et de la phrase littéraire ;
le Congrès tient à affirmer :
que tous les collèges français d'Amérique doivent maintenir et au besoin renforcer les études latines, sans perdre de vue que ces études, par une confrontation continuelle des deux langues, doivent aider à la défense et à la parfaite possession du français.